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Les ex-socialistes de LaRem veulent leur groupe à l'Assemblée

Photo d'illustration

Photo d'illustration - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Un ancien socialiste devenu député de La République en marche envisage la création d'un groupe parlementaire à part entière réunissant les macronistes "de gauche" au sein de la majorité.

L'idée pourrait réveiller l'Assemblée, mais ne doit pas enchanter les cadres de La République en marche: comme le relate Centre Presse, le député de la Vienne Jean-Michel Clément, ancien socialiste rallié à la bannière macroniste, envisage la création d'un groupe parlementaire regroupant la gauche de la majorité.

"Il y a des positions très nuancées au sein de la majorité et nous voulons peser sur un certain nombre de projets. Ça finira inéluctablement par la création d'un groupe parlementaire. Regardez mes collègues du Modem, ils ont une très belle vie de groupe... Alors oui, j'appelle de mes vœux la constitution d'un groupe et même de plusieurs groupes. On peut mieux débattre à trente ou à quarante qu'à trois cents."

Réunions

Si la création d'un groupe n'en est pour l'heure qu'à un stade embryonnaire, il n'en reste pas moins que l'aile gauche de LREM se structure peu à peu. Comme le révèle le JDD, l'ex-socialiste Brigitte Bourguignon, présidente LREM de la commission des Affaires sociales, réunit déjà de manière informelle ses collègues de la majorité mus par une "fibre sociale", parmi lesquels figurent notamment Jean-Louis Touraine, François Dumas, Yves Daniel et Jean-Michel Clément.

Ce dernier, raillé pour son absentéisme, estimait déjà en août dernier qu'il n'y avait "pas beaucoup d'intérêt à siéger dans cette majorité pléthorique, où on nous impose un devoir de silence". 

"Passer son temps sur un banc à ne rien dire, ce n'est pas l'idée que je me fais de la vie parlementaire", tranchait le député. 

Déséquilibre

Une attitude aux antipodes de celle de son collègue Sacha Houlié, fondateur des Jeunes avec Macron et lui aussi député de la Vienne. Toujours dans Centre Presse, ce dernier mêle à un scepticisme affiché un soupçon de menace:

"Je ne suis pas sûr qu'il soit utile de recréer des chapelles", estime le vice-président de l'Assemblée nationale. "La meilleure façon de peser sur la ligne politique, c'est de l'intérieur. (...) Je ne crois pas non plus que les députés d'un tel groupe trouvent les mêmes relais auprès des ministres."

Autrement dit, ces nouveaux "fondeurs" risqueraient l'ostracisation. Expert en la matière, Manuel Valls théorise dans le JDD le péril encouru par LREM, expliquant que "le point d'équilibre de la majorité est au centre gauche alors que celui de l'exécutif est au centre droit". Même dissident, ce groupe de gauche resterait toutefois dans le giron de la majorité. La révolte est donc encore loin de tourner à la révolution. 

Louis Nadau