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Législatives: le PS et En Marche! investissent deux candidats qui se sont opposés au mariage pour tous

Des élus lors de la Manif pour tous du 5 octobre 2014 (photo d'illustration).

Des élus lors de la Manif pour tous du 5 octobre 2014 (photo d'illustration). - -

Jérôme Lambert, investi en Charente par le PS, a soutenu la Manif pour Tous en 2013 et voté contre la loi Taubira. Vincent Bru, investi dans les Pyrénées-Atlantiques pour La République en marche a, quant à lui, signé un manifeste avec d'autres maires, demandant l'abrogation de la loi qui autorise le mariage des couples de même sexe.

Les législatives sont un casse-tête pour les partis. Et les mauvaises surprises ne sont pas rares. Cette année encore, la liste des candidats investis par les principales formations politiques ont leur lot de couacs. Le Parti socialiste et La République en marche ont ainsi investi deux candidats qui ont pris très clairement position contre le mariage pour tous. Une nouvelle qui intervient alors que la loi Taubira, promulguée le 17 mai 2013, fête ce mercredi ses quatre ans. Et alors qu'a lieu la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. 

Vincent Bru, investi par La République en marche dans la 6ème circonscription des Pyrenées-Atlantiques, est encarté à l'UDI. Maire de la commune de Cambo et conseiller départemental, il a été investi officiellement lundi soir, comme le rapporte Sud Ouest. Son nom figure sur la liste actualisée des candidats investis, communiquée ce lundi par En Marche!. 

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- © Capture d'écran site En Marche!

La Commission d'éthique saisie du cas de Vincent Bru

Un choix étonnant, pour une formation politique dont le candidat avait promis de "défendre et protéger" la loi sur le mariage pour tous. Vincent Bru fait partie des signataires d'un manifeste demandant l'abrogation de la loi Taubira. Une initiative du collectif "Maires pour l'enfance", créé en 2005 et qui a soutenu la Manif pour Tous, les Veilleurs puis les maires refusant de marier les couples de même sexe après la promulgation de la loi. 

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- © Capture d'écran du manifeste

L'annonce de cette investiture n'est d'ailleurs pas passée inaperçue, dans le département. La référente d'En Marche! pour les Pyrénées-Atlantiques, Nathalie Niel, a saisi la Commission d'éthique pour que la candidature de Vincent Bru soit annulée. A Sud Ouest, Nathalie Niel explique avoir reçu 350 mails de protestation à ce sujet. Une pétition a été lancée, recueillant à cette heure 450 signatures. 

Encarté à l'UDI

"Cette prise de position nous apparaît en totale contradiction avec les valeurs que vous portez et que partagent les adhérent-e-s et les sympathisant-e-s de La République En Marche", peut-on lire dans le document, adressé à Jean-Paul Delevoye, qui dirige la commission d'investiture de la formation politique, et à Emmanuel Macron. 

"Vincent Bru n’a jamais participé à une seule réunion d’En Marche ! ces derniers mois. Ou seulement à un meeting à Pau. Et il n’est pas adhérent chez nous", fait aussi valoir Nathalie Niel auprès du quotidien.

D'après le journal, de nombreux adhérents voient dans cette nomination la main de François Bayrou. Lors des législatives de 2012, Vincent Bru était le suppléant sans étiquette de Michèle Alliot-Marie. "Il est hors de question que Vincent Bru soit notre représentant à l'Assemblée nationale", insiste Nathalie Niel à La République des Pyrénées. Elle espère "une décision très rapide". Contacté par BFMTV.com, En Marche! n'a pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat. 

L'élu PS soutenait la Manif pour Tous

Jérôme Lambert, lui, a été investi par le Parti socialiste dans la 3ème circonscription de Charente, en Nouvelle-Aquitaine. Son nom figure également sur la liste mise en ligne par le parti. Elu député depuis 1986, il brigue son sixième mandat et entame sa huitième campagne. En 2014, il avait annoncé quitter le groupe socialiste à l'Assemblée, pour rejoindre le groupe RRDP, à majorité radicale de gauche, comme le confirme sa fiche de parlementaire. 
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- © Capture d'écran Parti socialiste

Il a de nombreuses fois été en conflit ouvert avec le PS, aussi bien au niveau local qu'au niveau national. Il s'est fait remarquer en particulier à l'occasion d'un voyage en Crimée financé "par une association russe", d'après le secrétaire fédéral du PS en Charente, Mohamed Hadj-Boaza. En 2014, ce petit-neveu de François Mitterrand se plaisait à rappeler qu'il avait à de nombreuses reprises marqué "sa liberté" en votant contre des textes, en s'abstenant ou en ne prenant pas part à des votes. Soutien de la Manif pour tous en 2013 et 2014, il s'est en particulier opposé à la loi Taubira, et a voté contre.

Alors que la commission d'éthique d'En Marche! a été saisie, la Haute autorité du PS n'a pas eu vent du dossier, comme l'explique son président, Thomas Clay, contacté par BFMTV.com. "C'est la Commission des conflits qui peut ensuite éventuellement sanctionner", ajoute Thomas Clay, qui précise que ce cas particulier pourrait tout à fait être étudié par la Haute autorité, si toutefois elle était saisie. Sollicité également par BFMTV.com, Christophe Borgel, secrétaire national du PS en charge du pôle "Animation, élections et vie du Parti", n'a pas donné suite. 

Charlie Vandekerkhove