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Législatives: ces candidats PS qui roulent pour une "majorité présidentielle" avec Macron

Myriam El Khomri, le 16 mars 2016.

Myriam El Khomri, le 16 mars 2016. - Patrick Kovarik - AFP

Parmi les candidats investis par le Parti socialiste pour les législatives, certains ont fait le choix s'afficher très ouvertement en faveur d'une majorité présidentielle avec Emmanuel Macron. Allant parfois jusqu'à faire disparaître le logo de leur mouvement.

"Nous ne sommes pas dans la majorité présidentielle". Jean-Christophe Cambadélis le martèle à qui veut l'entendre. Les candidatures du Parti socialiste aux élections législatives n'ont pas vocation à nourrir une majorité présidentielle pour le chef de l'Etat Emmanuel Macron, assure le premier secrétaire du PS. Pourtant, plusieurs candidats officiellement investis par le Parti socialiste ont pris position en faveur de cette "majorité présidentielle", avec le président de la République fraîchement élu.

Des anciens ministres, notamment, comme Marisol Touraine. Investie par le PS dans la 3e circonscription de l’Indre-et-Loire, l'ancienne ministre des Affaires sociales ne fait pas mention de son parti sur son matériel de campagne, mais indique "candidate de la majorité présidentielle avec Emmanuel Macron".

Elle n'est pas un cas isolé. Comme elle, son ancienne collègue du gouvernement, Myriam El Khomri, assume aussi sa volonté d'appartenir à la majorité présidentielle avec Emmanuel Macron. Dans son visuel de campagne qu'elle partage sur les réseaux sociaux, la candidate du PS dans la 18e circonscription de Paris affiche: "avec Emmanuel Macron, pour une majorité de progrès". Mais contrairement à Marisol Touraine, elle glisse bien le logo du PS et des mouvements alliés à Solférino.

Dans les deux cas, les anciennes ministres n'ont pas de candidats labélisés "La République en marche" face à elles. Tout comme l'ancien chef du gouvernement, Manuel Valls qui, lui, n'a pas reçu l'investiture du Parti socialiste. Et qui devra composer dans les prochains mois avec une procédure d'exclusion lancée par Jean-Christophe Cambadélis. En attendant, dans la 1ère circonscription de l'Essonne, il fait campagne pour "la majorité présidentielle", sans pour autant avoir reçu non plus le label "La République en marche".

Parmi les parlementaires sortants, Erwann Binet, rapporteur de la loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée nationale, se représente dans l'Isère avec l'étiquette du Parti socialiste. En début de campagne, il a semé la confusion dans sa famille politique en posant avec… Emmanuel Macron. Sur sa page Facebook, le député en rajoute une couche: "Pour la France, Emmanuel Macron doit réussir", écrit-il. "Je l’aiderai avec mes valeurs de gauche, mes convictions socialistes. Je serai constructif et exigeant."

"Elu, je siégerai avec la majorité présidentielle"

Autre député PS sortant affichant ostensiblement sa sensibilité macroniste: François André, élu de l'Ille-et-Vilaine. Pendant l'élection présidentielle, il avait déjà annoncé qu'il voterait dès le premier tour en faveur du candidat d'En Marche!. Résultat, il continue aujourd'hui -en tant que candidat PS- de soutenir le chef de l'Etat. Il s'affiche comme "candidat de la majorité présidentielle", bien qu'investi une nouvelle fois par le PS. "Je le fais en cohérence avec mon choix exprimé de longue date en faveur d'Emmanuel Macron", explique-t-il à Ouest France.

En Côte-d'Or, Anne Dillenseger-Sebti, candidate investie par le PS, affiche aussi sur son affiche un "pour la réussite à gauche de la majorité présidentielle", aux couleurs du Parti socialiste. Son voisin de circonscription, Pierre Pribetich, candidat dans la 2e circonscription du même département, revendique aussi une "gauche constructive pour une majorité présidentielle", sur son matériel de campagne. Dans les deux cas, les candidats de ce département ont bien face à eux des candidats de La République en marche.

En Vendée, le candidat investi par le PS dans la 3e circonscription du département est très clair aussi sur ses intentions: "Elu député, je siégerai dans les rangs de la majorité présidentielle", indique Anthony Pitalier sur une affiche partagée sur Twitter. "Ensemble, donnons une majorité à Emmanuel Macron", rajoute-t-il, alors qu'il a bien un candidat "En Marche!" face à lui.

Du côté du Bas-Rhin, le candidat investi par le PS, Eric Elkouby, fait aussi preuve d'inventivité dans son étiquette. Il l'assurait à Europe 1, lui, est "candidat du PS majorité présidentielle". Un label hybride, qui lui permet d'avoir l'investiture de Solférino, tout en essayant de profiter de la vague Macron de la présidentielle. Un candidat qui se retrouvera toutefois face à un candidat qui a reçu l'investiture officielle de "La République en marche".

Dans le Calvados, Eric Vève, investi par le PS dans la 1ère circonscription, est dans une position similaire. Sur son site, il se revendique comme "un député de gauche dans la majorité présidentielle".

Investi dans la Sarthe par le PS, Christophe Rouillon est dans une situation un peu différente. Candidat du Parti socialiste, il avait annoncé il y a dix jours renoncer à l'investiture, faute d'avoir eu l'étiquette de La République en marche, qu'il briguait. Selon le site du Parti socialiste, il est maintenant investi par son parti, dont il ne voulait plus. 

Ivan Valerio