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Politique

Le PS... et maintenant ?

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En perdant 17 eurodéputés par rapport à 2004, le PS sort affaibli du scrutin européen. Unité, renouveau ou explosion... sur quel avenir peut-il s'ouvrir ?

« Nous ne sommes pas encore crédibles ». Le constat de Martine Aubry est sans appel. Au lendemain, du scrutin européen, la première secrétaire du Parti socialiste a très vite reconnu la défaite de son parti. Alors qu'il s'était fixé 20% comme score plancher, le PS ne récolte que 16,8%, ce qui lui donne droit à 14 sièges au Parlement européen (contre 31 en 2004). « Notre Parti socialiste a souffert de ses batailles internes et de ses divisions. Je mets toutes mes forces pour le rassembler », a-t-elle déclaré.

Peillon : « Notre électorat, absent de ce vote »

Au lendemain d'une élection européenne en forme d'échec pour le PS, Vincent Peillon, qui était tête de liste pour ce scrutin dans le Sud-est, se dit « inquiet pour [sa] formation politique ». Persuadé que l'électorat socialiste « est en grande partie absent de ce vote », il poursuit : « Parce que l'Europe n'intéresse pas les couches populaires et les jeunes. Et parce que les socialistes n'ont pas su créer, avec l'énergie nécessaire, l'intérêt pour cette élection. [...] Maintenant, il faut réellement réunir ce parti. Deuxièmement, il faut traiter les problèmes des Français et leur parler de leurs problèmes, plutôt que des nôtres. Troisièmement, il faut rassembler notre famille politique. Quatrièmement, il faut changer totalement le mode de désignation, avant les échéances essentielles de nos leaders ; et moi je plaiderai pour des primaires ouvertes à l'ensemble de la gauche. Il faut que Martine Aubry prenne d'ici demain, des initiatives fortes. » Les dirigeants du PS se réunissent en effet demain soir mardi 9 juin à Paris pour un Conseil national.

Aubry renversée ?

Le Parti socialiste a enregistré dimanche 7 juin le deuxième plus mauvais score de son histoire aux Européennes. En 1994, il n'avait remporté que 14,49% des suffrages. Michel Rocard, premier secrétaire de l'époque et tête de liste, avait été renversé quelques semaines après. Un risque que Martine Aubry ne semble pas encourir aujourd'hui. Puisque le premier secrétaire du PS, depuis les années 90 et la modification des statuts du parti, tire sa légitimité du seul vote des militants et ne peut être remercié par le Conseil national. De plus, bien que la Maire de Lille ait été élue avec une mince avance sur Ségolène Royal, aucune majorité anti-Aubry ne semble se dessiner à la direction du PS.

« Du remue-ménage au PS »

Pour Gaël Sliman, directeur de l'institut BVA Opinion, il est clair que « dans les jours qui viennent, on va assister à du remue-ménage au PS. Alors que, ce que l'on sait de nos enquêtes d'opinion, c'est qu'a priori, si les électeurs de gauche avaient effectivement envie de sanctionner le PS, c'est davantage à cause des reproches qu'ils pouvaient lui faire à l'époque du Congrès de Reims, que de la nouvelle direction prise par Martine Aubry. Les gens aimeraient la voir un peu plus active, plus dynamique et plus présente médiatiquement, mais globalement, elle est assez appréciée. »
Et Thierry Barboni, Docteur en Sciences Politiques à Paris 1 Panthéon-La Sorbonne et spécialiste du Parti socialiste, de prévoir « des changements à la tête du PS, notamment avec le départ probable de Benoît Hamon. » Après ce scrutin européen, le porte-parole du parti perd en effet son unique mandat électif, son parti étant arrivé en 3ème position en Ile-de-France, derrière Europe Ecologie.

Mais, déstabilisé à 2 ans et demi de la prochaine élection présidentielle, le PS pourrait avoir le temps de rebondir, selon Thierry Barboni : « Le rebond peut être plus rapide que ce qu'on imagine, explique-t-il. Dès l'année prochaine, il y a les élections régionales, une élection sur un terrain que le PS connaît et maîtrise beaucoup mieux, et autour duquel il sera plus facile de se souder. »

La rédaction, avec Annabel Roger, Christophe Ponzio et Steven Bellery