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Le camp Macron "veut Le Drian", mais pas d'autres socialistes

Emmanuel Macron réserve un "traitement spécifique" au ralliement de Jean-Yves Le Drian, dont le poids politique compense une étiquette socialiste avec laquelle le leader d'En Marche! ne veut pas être confondu.

Fermer les vannes. Si En Marche! a pris ces dernières semaines des allures d'auberge espagnole - le prétendant à l'Elysée enregistrant, pèle-mêle, les soutiens de ministres chiraquiens, de l'ex-communiste Robert Hue ou de l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë - Emmanuel Macron ne compte pas, selon Le JDD et Le Parisien, accueillir d'autres socialistes.

"Nous, on ne veut pas des autres socialistes. On veut Le Drian, puis on attend les gens de droite", a résumé l'entourage du candidat ce week-end.

Autrement dit, le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, le ministre de l'Economie Michel Sapin ou le ministre de la Ville Patrick Kanner, tous tentés par Emmanuel Macron, sont priés de rejoindre la file d'attente sans certitude de voir leur soutien récompensé.

L'exception Le Drian

De l'aveu même d'un ponte de l'équipe Macron dans le JDD, ce dernier est "faible dans le régalien et la sécurité". L'appui du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, poids lourd du gouvernement, est donc une prise de guerre importante pour Emmanuel Macron. L'officialisation de ce ralliement n'est plus qu'une question de calendrier, puisque Jean-Yves Le Drian, toujours selon le JDD, "nourrit Macron de fiches sur les affaires de défense depuis des semaines". Sauf si le ministre de la Défense s'en tenait aux règles énoncées par François Hollande et attend le 24 mars, il est prévu qu'il annonce son soutien lors d'un meeting d'Emmanuel Macron consacré aux thèmes régaliens le 18 mars.

Royal ou Touraine à Matignon? Macron dit "non"

Cependant, l'ancien ministre de l'Economie, dont François Hollande disait "Emmanuel Macron, c'est moi" dans Un président ne devrait pas dire ça, ne souhaite pas se voir amalgamer avec le président sortant, ni devoir endosser son bilan. Le candidat s'inquiète ainsi de ralliements trop massifs venus du PS.

Il a d'ores et déjà posé les premières barrières, faisant savoir jeudi dernier qu'il ne nommerait pas Ségolène Royal ou Marisol Touraine à Matignon s'il était élu.

Louis Nadau