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Le baromètre des éditorialistes - "Il y aura une vraie opposition à l'Assemblée"

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Il y aura bien une majorité présidentielle à l'Assemblée, mais elle est finalement moins massive que prévue. Analyse des résultats des élections législatives avec les éditorialistes de BFMTV.

Au lendemain d'un second tour des législatives qui lui a donné une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République, Emmanuel Macron a désormais les coudées franches pour mettre en oeuvre son programme présidentiel. Selon les résultats définitifs - même si les 11 sièges pour les Français de l'étranger doivent être officialisés lundi -, la République en marche (REM) et son allié du MoDem obtiennent 351 sièges, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges. Cependant, ce chiffre est un peu moins massif que prévu.

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> Christophe Barbier: "Il y a une vraie opposition, composite"

"Le fait majeur de cette élection est la majorité absolue pour Emmanuel Macron, il n’a pas besoin du MoDem, c'est un carton plein pour le président de la République. Cependant, on attendait un tsunami, il n’a pas eu lieu. Pourquoi? Parce que les Français ont modéré leur enthousiasme du premier tour et ont considéré que la majorité absolue était nécessaire, mais le tsunami superflu: pas question de donner les pleins pouvoirs et pas question de trop déstructurer le paysage démocratique. Il n’y a pas de chèque en blanc, mais un chèque avec des provisions démocratiques. Il y a donc une vraie opposition, composite. La France insoumise a un groupe, sans les communistes, les centristes de l’UDI ont un groupe, sans disparaître dans Les Républicains. Les Républicains, eux, ont un vrai groupe, solide, avec plus de 100 députés. On peut travailler, et le président de ce groupe-là sera une figure puissante. Les seuls, finalement, qui n’ont pas de groupe et n’en auront pas, c’est le Front national, mais ils arrivent tout de même à 8 élus. Ce qui n’est pas rien non plus pour porter la voix lepéniste. On a une vraie opposition, elle va pouvoir se mettre au travail. Cela n’empêchera pas les guerres civiles et les divisions dans les partis."

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> Laurent Neumann: "Rien ne s'est passé comme prévu"

"C’est la huitième soirée électorale depuis l’automne et une fois de plus, rien ne s’est passé comme prévu. La majorité pour Emmanuel Macron est claire, nette et sans bavures. Il n’a pas besoin du MoDem, ni des futurs députés "constructifs" des Républicains. Il n’a même pas besoin des futurs députés socialistes dits "Macron-compatibles". Mais les Français ont réévalué cette majorité à la baisse malgré le taux d’abstention très fort. Ce qui n’était pas prévu non plus, ce sont les voix de l’opposition à l’Assemblée. Souvenez-vous, on disait que l’opposition n’aurait pas la parole à l’Assemblée, qu’elle s’exprimerait dans la rue. Eh bien non, ça ne s’est pas passé non plus comme prévu. Les Républicains auront bien un groupe, c’est le premier groupe d’opposition. Pour le Parti socialiste, c’est une bérézina mais il aura son groupe également. La France insoumise aura son groupe sans les communistes. Et on peut même imaginer, à l’intérieur des Républicains, qu’il y ait un groupe LR, un groupe de Républicains indépendants et Macron-compatibles, et même un groupe UDI. Cela veut dire qu’on a retrouvé dimanche soir, et ça n’était pas prévu au soir du premier tour, le paysage politique éclaté du premier tour de l’élection présidentielle. Pas dans les mêmes proportions, parce qu’il n’y a pas la proportionnelle, mais cela explique peut-être pourquoi il n’y avait pas tant d’euphorie que cela à La République en marche, ni sur les plateaux de télé, ni à l’Elysée."

C.V.