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Député LaREM accusé de harcèlement à l'Assemblée: le parti était-il au courant?

L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi LOM

L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi LOM - Lucas BARIOULET / AFP

Selon une information de Mediapart, les collaborateurs du député LaREM de Haute-Garonne, qui l'accusent de harcèlement moral et sexuel, ont envoyé un courrier dès le mois de mai au délégué général du parti ainsi qu'au président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

La rentrée du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale risque d'être polluée par les accusations visant l'un de ses membres. Comme l'a révélé France 3 Occitanie, le député de Haute-Garonne Pierre Cabaré fait l'objet d'une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire, pour harcèlement moral et sexuel. Celle-ci a été lancée à la suite d'une plainte déposée par Lucie Schmitz, qui fut l'assistante parlementaire de l'élu et qui demeure sa suppléante. 

D'après une information de Mediapart, publiée ce jeudi, les cinq collaborateurs de Pierre Cabaré avaient informé, dès le mois de mai, les instances dirigeantes de LaREM des agissements supposés du député. Ils l'ont fait via un courrier adressé au délégué général du parti, Stanislas Guerini, au président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et au président du groupe LaREM, Gilles Le Gendre. 

Mis en ligne par le site d'investigation et relayé par La Dépêche du Midi, le courrier fait état du "grand désarroi" de ses auteurs. Ces derniers y dénoncent un "quotidien toxique", une "ambiance de travail délétère" et un "contexte d'humiliation permanente" au côté de Pierre Cabaré. 

"Ne jamais laisser un courrier sans réponse"

Selon Mediapart, accusés de réception du recommandé à l'appui, aucun des trois destinataires n'a donné la moindre suite à cette lettre, datée du 20 mai. Contacté par BFMTV.com, l'entourage de Richard Ferrand n'a pas répondu. Celui de Stanislas Guerini nous a renvoyé vers la direction de la communication de LaREM, qui n'a pas répondu à nos sollicitations. Contacté par Mediapart, un proche de Gilles Le Gendre affirme que "le président du groupe n'a pas à se faire juge". Et d'ajouter:

"On avait pris acte mais Gilles Le Gendre se fait fort de ne pas intervenir dans ce genre de cas, surtout quand une procédure judiciaire est en cours."

Interrogé par BFMTV.com, un pilier du groupe LaREM appelle à une "grande méfiance sur le sujet des relations employeurs/employés". Il reconnaît toutefois que, "pour ne pas être accusé de quoi que ce soit, il ne faut jamais, jamais laisser un courrier sans réponse". 

"C'est l'une des règles de base de 'l'ancien monde'. Même si la réponse consiste à indiquer qu'il faut s'adresser à la justice et non pas aux instances du parti", poursuit l'élu.

Mercredi, l'intersyndicale des collaborateurs parlementaires au palais Bourbon a demandé à Richard Ferrand une "réunion d'urgence" contre le harcèlement moral et sexuel. Le rendez-vous a été fixé durant la semaine prochaine.

Jules Pecnard