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Comment En Marche apprend à avancer sans Macron

La convention politique d'En Marche, le 8 juillet dernier à Paris.

La convention politique d'En Marche, le 8 juillet dernier à Paris. - François Guillot - AFP

Après une année électorale chargée, La République en Marche tente de structurer son action. Objectif: s'installer définitivement dans le paysage politique français.

Emmanuel Macron en orbite, la fusée En Marche doit désormais continuer à exister sans sa tête pensante. Fondé il y a 18 mois, le "mouvement hybride" se veut présent partout sur le territoire, et mise pour ça sur le maillage territorial: vendredi, le parti de la majorité a présenté ses 110 nouveaux référents locaux, désignés en collaboration avec les comités locaux du parti.

"Des bénévoles", assure le communiqué qui les présente, chargés de "l'animation politique des territoires en lien avec les élus de LaREM". "On a pris les noms qui revenaient majoritairement dans les consultations avec les comités locaux", affirment les trois membres de la direction collégiale présents vendredi. "Ce sont les meilleurs qu'on a pris à ces postes". 

Y compris Caroline Collomb, épouse de Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, qui mènera la République en marche dans le Rhône. Et tant pis pour la polémique. "Qu'est-ce qu'il aurait fallu dire? Dire à des personnes compétentes 'désolés, ça ne va pas le faire parce que vous êtes femme de?", s'exclame Astrid Panosyan, issue de la société civile et membre de la direction collégiale.

"On participera à toutes les élections"

Les référents nommés ont désormais pour tâche de préparer l'avenir, et notamment les prochaines élections. L'enjeu: ancrer LaREM dans les territoires. "On participera à toutes les échéances électorales", assure Arnaud Leroy, ancien député PS, "nous devons être partout". L'objectif affiché: "transformer cette petite association en un mouvement politique pérenne", et faire émerger de nouveaux visages. "Pour ça, on va prendre le temps", assure Bariza Khiari, ancienne sénatrice PS. "Les prochaines élections ne sont pas pour tout de suite, on va pouvoir tester de nouveaux profils."

Car le parti de la majorité a perdu son moteur principal. Emmanuel Macron est désormais locataire de l'Elysée et, officiellement, se tient à l'écart des affaires du parti. "Celui qui incarne En Marche, c'est Emmanuel Macron. Mais aujourd'hui, on doit trouver quelqu'un d'autre pour incarner le mouvement", reconnaît Arnaud Leroy, qui ne sera pas candidat.

Qui est pressenti, comment se passera la désignation… Le flou règne encore sur ces questions. Le ou la candidate devra être adhérent du mouvement, et pourra cumuler sa fonction de délégué avec un mandat ou un portefeuille ministériel. "Il ou elle aura possibilité de faire campagne", promet Arnaud Leroy. Pour le reste, "les modalités seront fixées prochainement", assure-t-on.

Un délégué général élu le 18 novembre

Le délégué sera élu dans un peu plus d'un mois, le 18 novembre prochain, lors de la présentation des instances du parti: si campagne il y a, elle sera donc courte. "L'essentiel est que ça se fasse en bonne intelligence, il n'y aura pas de droits de succession (vis-à-vis de la direction collégiale)", reprend Arnaud Leroy: et de citer, sourire aux lèvres, la guerre interne chez Les Républicains, dont son mouvement tient à tout prix à se distinguer. "On les laisse s'en envoyer plein la figure", rit-il.

Une guerre dont pourrait profiter LaREM: Bruno Le Maire a déjà quitté LR pour le parti d'Emmanuel Macron. Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, en sursis chez LR après son entrée au gouvernement, pourrait lui aussi franchir le pas. 

Ariane Kujawski