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La candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, dénonce une "campagne infecte"

Nathalie Arthaud au Cirque d'Hiver le 30 septembre 2016.

Nathalie Arthaud au Cirque d'Hiver le 30 septembre 2016. - Jacques Demarthon-AFP

Nathalie Arthaud est candidate à l'élection présidentielle de 2017 pour le compte de son parti, Lutte ouvrière. Elle vient d'effectuer son entrée en campagne avec un discours très offensif.

Nathalie Arthaud sera bien de la partie à la présidentielle de 2017. Si sa formation politique, Lutte ouvrière, l’avait déjà affirmé en mars dernier, le grand rendez-vous organisé ce vendredi soir au Cirque d’Hiver, à Paris avait vocation à le confirmer. Devant 1.600 personnes, Nathalie Arthaud, enseignante au civil et déjà candidate en 2012, a signé une entrée en campagne très incisive. Elle s’en est d’abord pris au trio des personnalités politiques dominant la scène médiatique à quelques mois du scrutin, François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen:

"Il y a un spectacle entre eux, un petit jeu à trois (…) Ils sont finalement tous d’accord pour mener une campagne sur l’immigration, le terrorisme, l’identité nationale: c’est une campagne démagogique, d’ailleurs on voit qu’elle donne lieu à des dérapages racistes".

Plus encore que "démagogique", Nathalie Arthaud juge même la campagne "infecte".

L'insécurité au travail

Celle qui a succédé à l’emblématique Arlette Laguiller voit dans les thèmes mis en avant par François Hollande et son opposant Nicolas Sarkozy la volonté de détourner l’opinion de la réalité sociale:

"Ils cherchent à nous enfumer, à cacher la misère qu’ils ont contribué à créer eux-mêmes." 

Selon elle, le sentiment d’insécurité aurait davantage trait à des conditions de travail malheureuses qu’aux troubles terroristes:

"S’il y a des salariés aujourd’hui qui vont au travail la peur au ventre, ce n’est pas par peur du terrorisme, c’est par peur de se retrouver à la porte, c’est par peur des pressions hiérarchiques, c’est parce qu’ils sont écrasés de fatigue et ne peuvent pas tenir les cadences."

La question de la souveraineté sépare à gauche

Nathalie Arthaud a poursuivi son offensive contre l’exécutif en se déclarant prête à accueillir les migrants "à bras ouverts" et en qualifiant la politique migratoire du gouvernement de "criminelle et honteuse". Par ailleurs, il n’y a pas que le gauche sociale-démocrate qui en ait pris pour son grade, Nathalie Arthaud a aussi épinglé Jean-Luc Mélenchon dont l’expression "souveraineté de la France" a des accents coupables, voire "nationalistes" à ses oreilles.

Robin Verner avec AFP