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"Je me serais désengagé plus tôt": François Hollande réagit au départ des forces françaises du Mali

L'ancien président a toutefois jugé que l'intervention en 2013 de l'armée française au Mali, en proie aux jihadistes, était "la bonne décision".

Il soutient la décision, mais la juge tardive. Invité ce jeudi de BFM Story, François Hollande a réagi sur notre antenne à l'annonce par Emmanuel Macron du départ prochain des troupes françaises du Mali. L'actuel président "récuse complètement" l'idée d'échec français après la décision de la France et de ses partenaires européens de se retirer militairement du pays africain. Une décision qui survient neuf ans après le premier déploiement militaire sous le quinquennat de François Hollande.

"Ce serait rentrer dans un jeu politique de dire qu'il y a eu échec, il y a eu des réussites militaires exceptionnelles", a soutenu l'ancien chef de l'État. "Ensuite, est-ce qu'il fallait rester aussi longtemps? Sûrement pas. C'est là qu'il y a eu defaillance du côté du Mali qui n'a pas fait l'accord qu'il convenait avec la partie du Nord [...] à partir de là, la France devait de toute façon se désengager. Si j'avais été en situation d'être président, je me serais désengagé plus tôt".

La France "n'avait aucun intérêt à rester plus longtemps au Mali"

Militairement présente depuis 2013 au Mali, la France a fait face à des groupes jihadistes qui sévissent aussi dans d'autres États sahéliens. Paris est intervenu pour enrayer la progression des groupes islamistes radicaux menaçant Bamako et a ensuite mis sur pied une vaste opération régionale, Barkhane, déployant des milliers de soldats pour lutter contre les franchises locales d'Al-Qaïda et du groupe État islamique.

"La bonne décision était d'intervenir au Mali en janvier 2013", a défendu malgré tout François Hollande, jugeant au passage que la France "n'avait aucun intérêt à rester plus longtemps au Mali".

Malgré des victoires tactiques, le terrain n'a jamais été véritablement repris par le gouvernement malien renversé lors d'un double coup d'État en 2020 et en 2021, aboutissant à l'arrivée au pouvoir d'une junte qui refuse d'organiser des élections avant plusieurs années et qui surfe sur un sentiment antifrançais croissant dans la région.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV