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Jacques Chirac et l'ombre des affaires

L'ancien président de la République, Jacques Chirac, a été condamné en 2011 à 2 ans de prison pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt.

L'ancien président de la République, Jacques Chirac, a été condamné en 2011 à 2 ans de prison pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt. - BERTRAND LANGLOIS / AFP

Emplois fictifs, frais de bouche, faux électeurs... Le nom de Jacques Chirac est apparu dans de nombreux dossiers judiciaires. Il est aussi le premier président de la Ve République à avoir été condamné par un tribunal.

Au-delà de l'héritage politique, Jacques Chirac, mort ce jeudi à l'âge de 86 ans, restera aussi comme le premier président français de la Ve République à être condamné par justice. C'était en 2011, pour des emplois fictifs alors qu'il était maire de Paris. Son nom est également apparu dans huit autres dossiers, mais sans que cela ne débouche sur des condamnations, notamment grâce à son immunité présidentielle.

• Les emplois fictifs à la mairie de Paris

Absent à son procès pour des raisons de santé, Jacques Chirac est condamné en décembre 2011 à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt dans une double affaire d'emplois fictifs lorsqu'il dirigeait la mairie de Paris.

L'une portait sur 21 emplois de complaisance de "chargés de mission" au sein de son cabinet, entre octobre 1992 et mai 1995. La seconde sur sept emplois fictifs à la mairie de Paris, occupés par des permanents de son parti, de l'époque, le Rassemblement pour la République (RPR), d'octobre 1990 à novembre 1994.

• Les marchés publics des lycées d'Ile-de-France 

Dans les années 1990, le conseil régional régional alors dirigé par le RPR reversait 2% du montant des contrats qu'elle attribuait à des entreprises du BTP, à plusieurs partis politiques: le RPR, le Parti Républicain, le Parti socialiste et le Parti communiste français (PCF).

En 2005, 43 personnes ont été condamnées en première instance pour corruption et abus de biens sociaux dans l'affaire dites "des lycées d'Ile-de-France". Une condamnation confirmée en appel en 2007, rapporte Challenges. Jacques Chirac a été soupçonné d'avoir bénéficié des fonds pour des voyages avec son entourage, payés en liquide entre 1992 et 1995 mais n'a pas été poursuivi.

• Les HLM de la Ville de Paris 

L'enquête, ouverte en 1994, portait sur des irrégularités commises entre 1991 et 1994 dans la passation de marchés d'entretien et d'équipement grâce à un système de contournement de la procédure d'appel d'offres. En mars 2001, Jacques Chirac avait été convoqué par le juge comme "simple témoin" mais n'avait pas obtempéré et le juge avait renoncé, du fait de son immunité.

• La Sempap 

Imprimerie des documents municipaux jusqu'en 1996, cette société a été soupçonnée d'avoir favorisé des entreprises et financé le RPR, ainsi que d'avoir imprimé des documents personnels pour Bernadette Chirac.

L'instruction avait été ouverte en 1997. Jacques Chirac a témoigné devant le juge en mai 2008 et a déclaré tout ignorer du dossier. En avril 2009, le juge a terminé son instruction sans mettre en cause l'ancien président.

• Les faux électeurs des IIIe et Ve arrondissements 

L'enquête ouverte en 1997 visait l'inscription d'électeurs fictifs à l'époque où Jacques Chirac était maire, en vue des élections de 1989 et 1995. Un plaignant avait demandé l'audition de Jacques Chirac. En mars 2013, Jean Tiberi, ex-maire de Paris, et son épouse Xavière ont été condamnés en appel à la prison avec sursis mais Jacques Chirac n'a jamais été mis en cause.

• Les "frais de bouche" 

L'Inspection générale de la Ville a révélé que 2,13 millions d'euros ont été affectés entre 1987 à 1995 à l'alimentation et aux réceptions du couple Chirac. L'affaire s'est finalement achevée en 2005 par un non-lieu.

• Les voyages du couple Chirac 

La compagnie Euralair est accusée, au printemps 1995, d'avoir mis à la disposition du candidat Chirac à l'élection présidentielle l'un de ses appareils pour au moins un déplacement en province, sans jamais le lui facturer. Bernadette Chirac est soupçonnée de son côté d'avoir bénéficié d'au moins cinq vols gracieux en 1998/99, sur instruction du PDG de la compagnie, Alexandre Couvelaire. Du fait de son immunité, Jacques Chirac n'est pas interrogé et ces faits font l'objet d'un non-lieu en 2009.

dossier :

Jacques Chirac

Esther Paolini avec AFP