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Irak, service militaire, essais nucléaires: les sept grandes décisions de la présidence Chirac

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- - Patrick Kovarik - AFP

Jacques Chirac est mort ce jeudi 26 septembre à l'âge de 86 ans. Président de la République pendant 12 ans, Jacques Chirac laisse derrière lui de nombreuses mesures qui influent, encore aujourd'hui, sur la vie des Français.

Jacques Chirac est mort. L'ancien président de la République, affaibli depuis de nombreuses années, avait 86 ans. Il laisse derrière lui une longue carrière politique, et 12 ans passés à l'Elysée. Sept mesures ont particulièrement marqué sa présidence. 

>> 1996, la fin du service militaire

Un an à peine après son accession au pouvoir, Jacques Chirac annonce une grande réforme de la Défense qui prévoit, notamment, l'abandon du service militaire fondé sur la conscription. Lors d'une allocution télévisée, Jacques Chirac annonce sa décision, estimant que la France ne fait plus face à un "danger extérieur". 

"Le service militaire a été créé en 1905, comme vous le savez, à une époque où il fallait des poitrines à opposer à d'autres poitrines -si j'ose dire - face à un danger extérieur", explique alors Jacques Chirac. "Cette époque est complètement révolue. Nous n'avons plus besoin d'appelés, de gens faisant leur service militaire" affirme le président. 

>> L'Etat français et la rafle du Vel d'Hiv'

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac assiste aux commémorations de la rafle du Vel d'Hiv qui, 53 ans plus tôt, verra des milliers de Juifs français traqués et enfermés au Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés vers les camps de la mort. Pour la première fois, un président français admet publiquement la responsabilité de l'Etat français dans le génocide des Juifs français. 

"Il est, dans la vie d'une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l'idée que l'on se fait de son pays. (...) Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français. Il y a 53 ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l'autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis" déclare Jacques Chirac.

>> Au revoir septennat, bonjour quinquennat

Jacques Chirac est le seul président à compter 12 ans de présidence à son actif et pour cause: il a passé un septennat et un quinquennat à l'Elysée. L'idée n'est pourtant pas neuve quand il accède au pouvoir. Déjà en 1973, Georges Pompidou avait tenté, en vain, de faire adopter la mesure. 

C'est finalement chose faite le 24 septembre 2000. Les Français, par référendum, acceptent le projet de révision constitutionnelle. 73% des votants se déclarent favorables à un passage au quinquennat, qui avait fait prononcer cette phrase à Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle de 1995: "Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac, ce serait très long".

>> Les arts premiers au coeur de Paris

Passionné d'arts premiers, Jacques Chirac rêvaient de leur offrir un musée dans la capitale, et de laisser ainsi sa marque sur le paysage de la capitale. En 1999, un concours, remporté par Jean Nouvel, est lancé pour choisir l'architecte du futur musée du Quai Branly. Le permis de construire est déposé en 2001, et il faudra attendre cinq ans et le 20 juin 2006 pour assister à l'inauguration. 

Depuis, le musée porte le nom de l'ancien président de la République et peut se féliciter d'une fréquentation stable depuis 13 ans. En 2016, il a franchi le cap symbolique des 15 millions de visiteurs depuis son ouverture. 

>> La France n'ira pas en Irak

C'est sans doute l'une des décisions les plus populaires de Jacques Chirac, secondé à l'époque par son ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin. En 2003, les Etats-Unis cherchent toujours les responsables de l'attaque du 11 septembre 2001. Pour l'administration Bush, le coupable est tout trouvé: il s'agit de Saddam Hussein, accusé (à tort) d'avoir soutenu Al-Qaeda et de fabriquer des armes de destruction massive. 

Appelée à rejoindre la coalition internationale qui envahira bientôt le pays, la France freine des quatre fers. La mémoire de la première guerre du Golfe et de celle d'Afghanistan est encore vivace. Pour Jacques Chirac, "la démocratie ne s'exporte pas dans des blindés". Le président estime qu'il faut agir sous le commandement de l'ONU. Qui ne protestera pas au moment de l'invasion de l'Irak par les forces coalisées, le 20 mars 2003.

>> La sécurité routière comme cheval de bataille

Le 14 juillet 2002, quelques mois après sa réélection, Jacques Chirac élève la lutte contre la mortalité routière au rang de grand chantier national et se dit "absolument horrifié par le fait que les routes françaises sont les plus dangereuses en Europe". Un an plus tard, le premier radar automatique est installé et les résultats tombent: en 2003, on compte 1.500 victimes en moins sur les routes françaises. En 2007, 2.000 radars sont installés, et on enregistre une baisse de 40% de la mortalité routière.

>> La reprise puis l'arrêt définitif des essais nucléaires

Le 13 juin 1995, à peine élu, Jacques Chirac provoque une onde de choc. Il annonce la reprise des essais nucléaires français dans le Pacifique, auxquels François Mitterrand avait mis fin en 1992.

“Ils interviendront à partir du mois de septembre et seront, en tous les cas, terminés fin mai 1996, et peut-être avant" déclare Jacques Chirac. 

Au total, six nouveaux essais viendront secouer le Pacifique. Le dernier essai nucléaire français se déroule à Fangataufa, en Polynésie française, le 27 janvier 1996. Deux jours plus tard, le 29 janvier, Jacques Chirac annonce à la télévision "l'arrêt définitif des essais nucléaires français" se déclarant sensible aux "mouvements d'opinion".

dossier :

Jacques Chirac

Paul Aveline