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Inondations : « Toutes les maisons sont sinistrées »

A Lourdes, l'eau est montée jusqu'au 1,40 mètres. De nombreux pèlerins ont dû être évacués.

A Lourdes, l'eau est montée jusqu'au 1,40 mètres. De nombreux pèlerins ont dû être évacués. - -

Mardi, des crues soudaines ont violemment frappé les régions des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. De nombreux villages ont été inondés et les pèlerins de Lourdes se sont retrouvés avec un niveau d’1,40 mètre dans la ville. Sur RMC, les principaux concernés racontent cette montée inexorable des flots.

Alors que la région parisienne est en vigilance orange orages, le Sud-Ouest de la France continue de faire face aux crues. Les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques sont en vigilance rouge crues, alors que les Landes, le Gers et la Haute-Garonne sont en vigilance orange. Hier mardi, les inondations ont fait une première victime: une automobiliste est morte noyée, emportée par la crue de la rivière du Gave de Pau dans la commune de Pierrefitte-Nestalas. Les pompiers sont parvenus à secourir un homme qui avait pris place à bord du même véhicule mais pas la victime, dont le corps sans vie a été récupéré par les secours.

« C’est allé très vite »

A Lourdes, les autorités craignent une crue centennale après une brutale montée des eaux. Les sanctuaires de la ville ont été évacués avant que l’eau ne monte jusqu’à 1,40 mètres et que la Basilique soit à son tour fermée. Un millier de personnes séjournant dans les hôtels en bordure du Gave ont été évacuées en milieu d'après-midi, et une cinquantaine d’hôtel étaient touchés par ces inondations mardi soir.
Pierrette, 64 ans, et touriste à Lourdes, en a fait les frais. « Nous avons décidé de partir une heure, de monter dans Lourdes, raconte-t-elle sur RMC. Une heure après, quand nous avons voulu repasser sur les ponts, on nous a interdit de rejoindre notre hôtel. Donc nous sommes là, dans un autre hôtel de Lourdes, sans bagage, et la voiture est dans l’eau, elle était restée près de l’hôtel. C’est allé très très vite ».

« Une montée des eaux de 45 centimètres à l’heure »

Patrick Cara est assistant social dans le canton de Saint-Béat. Sur RMC, il raconte ce qu’il a vu. « De mémoire, les habitants n’ont pas vu ça depuis très très longtemps. Tout le village est évacué, le souci, c’est ce qu’on pourra faire après la crue pour les populations. Les habitants sont dans 1,5 mètre d’eau et quasiment toutes les maisons sont sinistrées. Les gens ne s’y attendaient pas, il y a eu une montée des eaux de 45 centimètres à l’heure et vers midi, c’était fini, le village était inondé ».

« On a construit trop bas… »

A Barbazan, Serge a aussi assisté impuissants au déchainement de la Garonne. « C’est la première fois que je la vois arriver si haut ». Pourtant, il estime que beaucoup de dégâts auraient pu être évités. « L’erreur, c’est que toutes les constructions ont été faites trop bas. Quand on regarde les cartes postales des années 20, la station de pompage était à un mètre cinquante de haut, il n’y avait pas de maison en bas. Après on a construit. Et à part les premières maisons, ça a été fait sans étage. C’est dommage, car maintenant, ils ont de l’eau à l’intérieur ».
Dans un communiqué, les ministres de l'Intérieur et de l'Ecologie, Manuel Valls et Delphine Batho, ont appelé les habitants de Haute-Garonne, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques « à la plus grande prudence ».

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M. Chaillot avec J-W Forquès et J. Zeghoudi