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Il y a 20 ans, la France enterrait "Tonton", François Mitterrand

Il y a vingt ans jour pour jour, François Mitterrand, seul président français à avoir effectué deux septennats en entier, disparaissait. Outre l'hommage politique, c'est une France et un monde en deuil qui ont salué la mémoire de l'ex-chef d'Etat.

"Nous sommes le 8 janvier 1996, François Mitterrand est mort. L'ancien président de la République est décédé ce matin à 8h30 des suites de son cancer." Il y a vingt ans jour pour jour, les Français, sous le choc comme en témoigne les images de l'époque, apprenaient avec stupéfaction la disparition de celui qui avait été le chef de l'Etat pendant 14 ans.

Immédiatement, des hommages du monde entier sont rendus. Jacques Chirac, alors président, prend la parole. Le chef de l'autorité palestinienne, Yasser Arafat, en visite à Paris, vient saluer la dépouille. Lionel Jospin, alors premier secrétaire du Parti socialiste, revient en urgence à Paris.

Deux familles réunies

Pendant trois jours, l'émotion envahit le territoire et dépasse les frontières. Les obsèques de François Mitterrand en témoigneront. La famille de l'ancien chef d'Etat souhaite une cérémonie à l'abri des regards. Elle va se tenir le 11 janvier à Jarnac, en Charente, la ville natale de l'ancien président. Ce retour à ses origines va alors donner lieu à une image qui va rester dans les mémoires. 

Si la France a découvert le visage de Mazarine, la fille cachée de François Mitterrand, à Jarnac, les deux familles vont se réunir. Devant le cercueil où repose l'ancien président, porté par ses fidèles gardes du corps du groupe de sécurité de la présidence de la République, Danielle Mitterrand, accompagnée de ses deux fils, Jean-Christophe et Gilbert Mitterrand, se tient Mazarine Pingeot, dans les bras de sa mère, Anne. A un moment, l'impassible veuve va jusqu'à prendre la fille illégitime de son mari, âgée de 21 ans. Dans la douleur, les deux familles sont réunies.

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- © Patrick Kovarik - AFP
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- © Derrick Ceyrac - AFP

La cérémonie à Jarnac sera sobre avec une simple messe sans apparat à l'église Saint-Pierre avec la famille et les très proches de François Mitterrand. Parmi les très proches, la famille a tenu à emmener Baltique, la fidèle chienne labrador qui accompagnait l'ex-président lors de ses balades.

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- © Joel Robine - AFP

Le salut du monde

Au même moment, ce 11 janvier 1996 au matin, le monde a rendez-vous à la cathédrale Notre-Dame à Paris. Un office religieux, présidé par Monseigneur Lustiger, est organisé en hommage à François Mitterrand. 1.300 personnes prennent place dans la cathédrale. Parmi elles, une soixantaine de chefs d'Etat. 

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- © Gérard Julien - AFP

Au cours de ses quatorze années de mandature, François Mitterrand les a tous côtoyés. Certains sont devenus des amis. L'ancien chancelier allemand, Helmut Kohl, ne peut retenir ses larmes. Tout comme le prince Charles. 

Helmut Kohl au second rang.
Helmut Kohl au second rang. © AFP

Quasiment tous les chefs d'Etat ont tenu à assister à l'éloge funèbre, hormis Bill Clinton, représenté par son vice-président Al Gore. Sont présents le roi d'Espagne Juan Carlos, le prince Rainier de Monaco, dont le hasard du protocole a placé à côté du chef cubain, Fidel Castro. L'ancien président égyptien, Hosni Moubarak ou encore le chef de l'autorité palestinienne, Yasser Arafat, ont tenu à rendre un dernier hommage à l'homme d'Etat.

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La classe politique française est également présente. Le président de l'époque, Jacques Chirac, et son épouse, Bernadette, sont installés un peu à l'écart dans la cathédrale. Derrière eux, le gouvernement d'Alain Juppé. La gauche est également largement représentée, réunie autour du premier secrétaire du Parti socialiste, Lionel Jospin. Pierre Mauroy, Martine Aubry, Michel Rocard, Laurent Fabius, Jacques Delors, Roland Dumas... la liste est longue de ceux qui ont travaillé ou appris aux côtés de celui qui était surnommé "Tonton".

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Justine Chevalier