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"Il ne faut pas mettre au même niveau passeurs et associations"  juge la députée LaREM Sonia Krimi

Invitée mercredi soir sur notre antenne, la députée LaREM est revenue sur la position du gouvernement face à l'Aquarius et au Lifeline, les deux bateaux de migrants qui ont accosté en Europe.

Elle est une voix dissidente qui se fait entendre dans les rangs de la majorité. Sonia Krimi, députée LaREM de la Manche, assume ses divergences d'opinion avec sa famille politique. Ce mercredi sur BFMTV, elle est revenue notamment sur les propos d'Emmanuel Macron concernant le Lifeline, le bateau affrété par l'ONG du même nom qui a secouru 233 migrants en Méditerranée. Selon le chef de l'État, l'ONG a "agi en contravention de toutes les règles" et fait le jeu des passeurs:

"Il ne faut pas mettre au même niveau les passeurs et les associations", tempère Sonia Krimi. "Je pense que dans ces moments-là où il y a de l’agitation médiatique, de l’agitation partout en Europe, je pense que la France doit avoir une voix sage."

De quoi asseoir un peu plus le franc-parler de celle qui n'a pas voté la loi Asile immigration, et n'a pas hésité à dénoncer la passivité du gouvernement face à l'Aquarius, cet autre bateau de migrants qui a fini par accoster en Espagne. "Il aurait fallu accueillir l'Aquarius, je ne change pas d'avis", déclare-t-elle à nouveau.

"Des voix différentes"

"Je me défends comme une personne qui est indépendante et qui respecte énormément sa majorité", explique-t-elle. "On a besoin d’avoir des voix différentes et En marche! est à l’image de la société française aujourd’hui, qui a un avis différent."

Et de trouver un compromis entre ses opinions et celles, différentes, du président: "Il a raison quand il fait la guerre aux passeurs, mais je pense aussi qu’il faut être humain avec les étrangers." Selon Sonia Krimi, le problème de l'immigration ne sera réglé que lorsque seront réglés "les problèmes dans ces pays d'origine". 

Les migrants du Lifeline seront finalement accueillis par différents pays européens, dont la France. Le bateau avait passé une semaine en mer avant que Malte n'accepte de le laisser accoster.

B.P.