BFMTV

Loi asile-immigration: la majorité à l'épreuve

Le projet de loi asile-immigration sera voté cette nuit ou dimanche à l'Assemblée nationale. Mais certaines voix de la majorité pourraient manquer à l'appel, voire voter contre, tant le texte divise ses rangs.

Vent de panique chez La République en marche? Alors que la très controversée loi asile-immigration sera soumise au vote de l'Assemblée cette nuit ou dimanche après une semaine de débat, certains députés de la majorité continuent de bouder le texte. Au point de faire savoir leur intention de ne pas voter pour cette loi.

C'est la première fois qu'un texte de loi ne fait pas l'unanimité au sein de LaREM. Toutefois, la poignée de députés de la majorité susceptible de s'abstenir, voire de voter contre, ne devrait pas constituer une grande menace pour l'exécutif:

"Il y a un certain nombre de différences, de sensibilités, et c’est normal. Il va falloir que nous nous y habituions. Le débat fait partie de la culture En marche, nous l’avons prouvé pendant ces deux derniers mois. Maintenant, au moment du vote, on se rassemble. On vote pour, ce qui va être le cas de l’écrasante majorité des députés de La République en marche et du MoDem. Et puis s’il y a quelques députés pour qui ce texte pose encore d’ultimes problèmes, ils s’abstiendront", a déclaré sur notre antenne Gilles Le Gendre, vice-président et porte-parole du groupe La République en Marche à l’Assemblée nationale.

Risque d'exclusion pour certains députés?

Car l'option du vote "contre" n'est pas permise à La République en marche. "Si s’abstenir était un péché véniel, voter contre un texte était un péché mortel qui méritait l’exclusion", a rappelé Richard Ferrand, le président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale.

Qu'importe, le député Jean-Michel Clément a déjà annoncé qu'il voterait contre la loi asile et immigration et pourrait se voir exclu du parti dans les prochains jours. D'autres ont également fait savoir leur opposition au texte. À l'instar de Sonia Krimi, députée LaREM de la Manche, qui prône "la liberté de chacun de voter en son âme et conscience", elle qui dénonçait dans une interview au Figaro "un mauvais projet de loi, une rustine sur une jambe de bois". 

Même chose pour Stella Dupont et Matthieu Orphelin, élus du Maine-et-Loire, qui ont annoncé qu'ils ne pourraient pas voter cette loi et devraient donc s'abstenir. De son côté, Delphine Bagarry, députée des Alpes-de-Haute-Provence, se montre tout aussi sceptique et appelle l'exécutif à ne pas "diminuer les droits de personnes fragiles et vulnérables". De quoi laisser penser que, si la loi sera probablement adoptée, elle risque de laisser des traces dans les rangs de la majorité.

Paul Louis