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Hollande en régions : opération reconquête

Les Coulisses de la politique avec Véronique Jacquier, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20

Les Coulisses de la politique avec Véronique Jacquier, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20 - -

François Hollande va passer deux jours à Dijon. Un tel déplacement en province et sur une telle durée est une première pour le président depuis qu'il est élu. Une manière de renouer avec les Français.

C'est une opération reconquête : François Hollande a confié à un proche à l'Elysée qu'il se sentait « sous pression ». Il est le président le plus impopulaire de la 5e République après seulement 10 mois de pouvoir. La croissance n'est pas là, pas d'inversion de la courbe du chômage avant 2014, et en plus, François Hollande peine à tenir ses ministres et à corriger les couacs gouvernementaux. Alors un bol d'air, vite ! Deux jours en Côte d'Or chez son ami François Rebsamen, le chef de file des sénateurs socialistes, l'idée est évidemment de montrer un François Hollande au contact des Français. Et quand on lit son programme, c'est un Hollande en campagne. Tenez-vous bien : en un peu plus de quatre heures, le chef de l'Etat va visiter un quartier, signer des contrats emplois d’avenir, rencontrer des jeunes et visiter une entreprise de biotechnologie. Demain mardi, rebelote, visite d'un laboratoire, discours en mairie, rencontre avec les habitants et avec les élus.

Il fait du Sarkozy ! L'ancien président de la République allait tous les jeudis en province durant son quinquennat.

Oui, et les socialistes lui reprochaient d'être en campagne permanente. Tous les présidents succombent à l'appel de la province. Jacques Chirac, en janvier 96, avait commencé un tour de France avec des visites de deux jours. François Hollande a bien compris qu'il fallait faire de la pédagogie et « surtout il veut sentir que sa personne n'est pas rejetée », m'a confié l'un de ses proches. Depuis son élection, le chef de l'Etat ne s'est déplacé que six fois en régions et encore, en coup de vent. C'est un vrai test de popularité ce lundi.

Ce n'est pas parce que le président va prendre un bain de foule que la crise va s'éloigner et que les Français seront rassurés. Ça sent la com’, tout ça…

C'est un gadget de communication, comme Giscard quand il s'invitait à dîner chez les Français. Et pour François Hollande, c'est un défi : ses conseillers à l'Elysée l'ont prévenu, il ne faut pas qu'il tombe dans le travers du « président petite blague » comme quand il a dit à une petite fille au salon de l'agriculture « Sarkozy, tu ne le verras plus ». L'objectif est de prendre le temps d'écouter la population, calmer les inquiétudes des élus à qui le gouvernement demande de faire beaucoup d'économies. Dans une quinzaine de jours, une interview d'une heure est prévue sur France 2. Le président va se nourrir de ce déplacement à Dijon pour préparer sa grande explication à la télé.

L'Elysée a-t-il prévu d'autres déplacements présidentiels de ce type ?

Il y en aura un en principe toutes les six semaines. Mais en coulisse, on m'a confié que ce n'était pas un rythme évident à tenir pour un chef de l'Etat, surtout sur deux jours. En fait, il faut attendre de voir ce que va donner l'interview dans une quinzaine de jours à la télé. François Hollande joue gros, comme Jacques Chirac jouait gros en 95 en annonçant que la France n'avait d'autres choix que la rigueur. C'est sûr que c'est un mot plus difficile à prononcer que « réenchanter le rêve français ».

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Véronique Jacquier de ce lundi 11 mars 2013

Véronique Jacquier