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Remaniement: Manuel Valls évoque un retour des Verts sous conditions

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- - Le Premier ministre Manuel Valls sur le plateau de BFMTV-RMC, le 31 mars 2015.

Manuel Valls souffle mardi sa première bougie en tant que Premier ministre. L'heure d'un premier bilan et, au lendemain de la défaite de la gauche aux élections départementales, de la recherche d'un second souffle. En ce jour anniversaire, Manuel Valls était l'invité exceptionnel de BFMTV-RMC.

Le 31 mars 2014, Manuel Valls était nommé Premier ministre pour succéder à Jean-Marc Ayrault, remercié après la défaite de la gauche aux élections municipales. Un an plus tard, Manuel Valls doit lui aussi composer avec une déroute électorale, celle des élections départementales, avec toutefois l'assurance d'être maintenu à son poste. Une défaite qu'il "assume".

> Une défaite assumée aux départementales

"Chacun a sa part de responsabilité, et j'assume forcément la mienne, même si je me suis beaucoup investi pendant cette campagne", a affirmé Manuel Valls mardi sur BFMTV-RMC. "C'est une responsabilité collective, la gauche était tellement divisée au premier tour qu'elle ne pouvait pas lancer une dynamique forte au second. Je suis convaincu que si nous avions été unis dès le premier tour, nous aurions pu conserver plus de départements", a-t-il argué, tout en assurant que la forte abstention enregistrée dimanche avait également eu des conséquences négatives pour la gauche.

Quant à son éventuelle démission après cette défaite, Manuel Valls a de nouveau balayé cette éventualité. "Ce n'est pas ce que les Français attendent et me demandent, ils me demandent de rester en poste. On ne va pas ajouter une crise à la crise. Tant que j'ai la confiance du Président, tant que j'ai l'impression que le lien avec les Français est là, alors je vais continuer", a-t-il poursuivi.

> Le retour des Ecologistes au gouvernement?

Si le Premier ministre ne devrait pas changer, qu'en est-il du reste du gouvernement? Interrogé au sujet d'un éventuel remaniement, Manuel Valls a estimé que rien n'était prévu à ce jour.

"Nous avons une majorité, à l'Assemblée nationale. C'est important que toute la gauche s'unisse, la division mène à la défaite. Moi je veux rassembler".

Quitte à réintégrer les Ecologistes au sein du gouvernement à la faveur d'un remaniement? Si la question n'est pas encore d'actualité, l'idée semble faire son chemin. "On ne rentre pas au gouvernement comme ça", a d'abord répondu Manuel Valls. Puis, rappelant qu'il a "toujours souhaité" que des écologistes participent à son gouvernement", Manuel Valls a indiqué qu'un retour des Verts serait envisageable à la faveur d'un remaniement, si... "S'il y a un pacte avec les socialistes, s'ils (EELV) considèrent que c'est possible de gouverner sur la ligne économique qui est la nôtre, sur les réformes en matière de transition énergétique que nous sommes en train de mener et sur la lutte contre les inégalités", a-t-il détaillé.

A ce sujet, les choses avancent, doucement. Lundi, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a rencontré la patronne d'EELV Emmanuelle Cosse. "Des pistes ont été dégagées pour faire en sorte que l'unité se construise", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de cette rencontre, estimant que "le dialogue était renoué entre le Parti socialiste et Europe Écologie-les Verts".

> Manuel Valls défend le CDI

Puis, Manuel Valls a souligné que les indicateurs de la reprise étaient là. "Le pouvoir d'achat global progresse", a-t-il pointé, tout en se disant "conscient de la situation" des Français, qui ne ressentent pas encore les effets de cette reprise annoncée. "Notre pays a traversé une crise économique majeure, et la tâche du Premier ministre, que ce soit Jean-Marc Ayrault ou moi, c'est d'abord de continuer à redresser notre économie, notre industrie, notre agriculture. Tout est fait pour retrouver de la compétitivité", a-t-il martelé, espérant être à 1,5% de croissance EN 2015.

Le gouvernement travaille actuellement à ce coup de pouce à la compétitivité, notamment en préparant un texte pour les PME-PMI. Avant le grand rendez-vous de juin. "En juin, je réunis une conférence avec les partenaires sociaux pour travailler à la réforme du marché du travail", a-t-il rappelé, précisant que cette réforme avait pour but de "permettre aux PME, PMI et aux startups d'embaucher davantage." "Je veux privilégier le dialogue social, c'est comme cela que nous avancerons pour l'emploi", a-t-il défendu avant d'exclure une remise en cause du CDI.

"La remise en cause du CDI n'est pas dans les projets du gouvernement".

> Sa plus grande fierté

Puis, interrogé sur sa plus grande fierté, Manuel Valls a répondu: "Ma plus grande fierté, c'est d'avoir tenu le choc avec le Président, le ministre de l'Intérieur et la Garde des Sceaux lors des attaques terroristes du mois de janvier. C'est d'avoir vu le peuple français manifester autour des valeurs de la République." Et le Premier ministre d'estimer "nécessaire" de garder l'état d'esprit du 11 janvier. "Nous avons besoin d'apaisement, de rassemblement et d'écoute."

> Sa plus grosse erreur

"Ma plus grosse erreur, c'est peut-être de n'avoir pas intégré plus rapidement la question de l'impôt", a-t-il estimé, jugeant que les hausses cumulées de l'impôt depuis 2012 avaient pu "susciter un ras-le-bol".