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Remaniement: Bachelot, Rocard, Boutin et Morin racontent leur expérience

Roselyne Bachelot, Michel Rocard, Christine Boutin et Hervé Morin racontent leurs remaniements.

Roselyne Bachelot, Michel Rocard, Christine Boutin et Hervé Morin racontent leurs remaniements. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

VIDEOS - Comment apprend-on qu'on quitte le gouvernement? Qui décide? Comment le vit-on? BFMTV.com vous livre l’envers du décor d'un remaniement à travers les témoignages de trois anciens ministres et un ancien Premier ministre.

"Le fait du prince." "Une violence folle." "Une injustice". "On attend comme des condamnés". Alors que la France connaît un nouveau remaniement, Roselyne Bachelot, Michel Rocard, Christine Boutin et Hervé Morin nous racontent l'envers du décor de ces périodes de tension.

"Je l'ai très très mal vécu"

Roselyne Bachelot a connu plusieurs remaniements pendant les mandats de Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy. En 2004, elle est débarquée du ministère de l'Ecologie après trois jours pendant lesquels "les bruits les plus fous circulent". Quelques jours plus tard, "j'ai vu mon successeur monter à la tribune de l'Assemblée nationale avec mes discours… Je l'ai vécu comme une injustice", raconte-elle aujourd'hui.

"Je l'ai appris à la télé"

Si un remaniement est souvent précédé de rumeurs, autant dans la presse que dans les cabinets ministériels, la décision n'est pas collégiale. Et les principaux intéressés peuvent être les derniers aux courants. C'est ainsi qu'en 2009, Christine Boutin a dû quitter le ministère du Logement à sa grande surprise. Elle explique n'avoir reçu d'appel ni de l'Elysée ni de Matignon. "C'est d'une violence folle."

"Un record de rapidité"

En 1991, Michel Rocard se retrouve dans le bureau de François Mitterrand qui lui annonce que deux choix s'ouvrent à lui: le garder comme Premier ministre deux ans ou lui demander sa démission. C'est cette seconde option qui est prise quelques minutes avant le début du Conseil des ministres. Le gouvernement n'est pas mis au courant parce que "ça ne le regarde pas", estime le chef de l'Etat. Michel Rocard raconte alors ne pas avoir ouvert la bouche pendant le Conseil des ministres et regardé les trains passer. Il est ensuite monté dans son bureau écrire sa lettre de démission.

"On vous l'annonce par défaut"

En 2010, Hervé Morin savait qu'il ne resterait pas au gouvernement, il a dû lui-même appeler pour ne pas l'apprendre au même moment que les Français. "Personne n'a le courage de vous appeler". "Je trouvais que ça méritait un peu plus d'élégance", raconte-t-il.

"Un sujet de moquerie"

"La valse des ministres français est un sujet de moquerie" chez nos collègues européens, raconte Roselyne Bachelot. Pour l'ancienne ministre, les remaniements sont très français et correspondent à "une vision monarchique de pouvoir".

>> Ces interviews ont été tournées dans le cadre du Grand Angle "Parole de remaniés" qui sera diffusé mardi soir sur BFMTV à 21h45, 22h45 et 23h45 et que vous pourrez retrouver ensuite sur BFMTV.com dans la rubrique Grand Angle.

Karine Lambin avec Fabrice Babin et Matthias Tesson