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"Nous marchons vers le désastre": Montebourg charge le gouvernement

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Dans ce texte, publié au dernier jour du Congrès socialiste de Poitiers, Arnaud Montebourg et Mathieu Pigasse jugent sévèrement le bilan provisoire du président de la République et souhaitent une sortie des politiques "d'austérité".

Retiré (provisoirement?) de la vie politique, Arnaud Montebourg use pourtant de la stratégie de la carte postale comme Nicolas Sarkozy avant lui. Ce dimanche, dans les colonnes du Journal du dimanche, l'ancien ministre de l'Economie signe en compagnie de l'homme d'affaires Mathieu Pigasse une tribune très virulente contre François Hollande et la politique du gouvernement de Manuel Valls.

Dans ce texte, publié au dernier jour du Congrès socialiste de Poitiers, censé entériner la stratégie de l'exécutif, répétée samedi à la tribune par Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Mathieu Pigasse jugent sévèrement le bilan provisoire du président de la République souhaitent une "coalition des pays européens" pour une stratégie de "baisse d'impôts en faveur des ménages". Ils vantent aussi une résorption du déficit "par la croissance" et non par "l'austérité".

Hollande et Valls jamais nommés mais toujours visés

"Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C'est la démocratie qui est cette fois menacée". "L'absurde conformisme bruxellois" de la politique de l'exécutif "est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national", accusent les deux hommes.

Arnaud Montebourg, figure de l'aile gauche du parti qui a quitté le gouvernement en août 2014, et Mathieu Pigasse, banquier et patron de presse, accusent François Hollande et Manuel Valls, jamais nommés, de "faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience".

"Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la 'rupture' ou le 'changement' mais s'aperçoivent que la politique économique - donc européenne - qui s'ensuit est toujours la même. Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne"

"Ceux qui nient l'existence de l'austérité en prétendant que les salaires n'ont pas baissé (heureusement !) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens: cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s'estiment bernés, trahis et abandonnés".

"Cette situation explique aussi pourquoi l'économie française ne repart pas, plus de sept ans après la faillite de Lehman Brothers, alors que les économies du monde entier ont redémarré fortement depuis déjà deux ans", poursuivent-ils.

"Nous croyons qu'il n'est pas trop tard"

Les auteurs prônent de "construire, dans le peu de temps qui reste, une coalition des pays européens favorables à une stratégie européenne de baisse d'impôts en faveur des ménages dans tous les pays, acceptant que les déficits soient résorbés par la croissance mais non pas par l'austérité, laquelle empêche précisément de réduire les déficits".

"Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays? Est-il encore possible d'éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France? Oui, nous croyons qu'il n'est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu'ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs)".

S.A. avec AFP