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Manuel Valls: "Non, la Corse n'est pas une zone de non-droit"

Manuel Valls, le 23 décembre 2015.

Manuel Valls, le 23 décembre 2015. - Stéphane de Sakutin - AFP

Dans un entretien au Parisien, le Premier ministre fait le point sur la situation en Corse. "L'Etat ne reculera jamais", prévient-il notamment.

Manuel Valls affirme la volonté de l'État français de garder le contrôle des événements en Corse dans une interview mercredi au Parisien.

Interrogé sur les récents incidents survenus à Ajaccio, le Premier ministre réfute l'idée que les délinquants agissent en toute impunité sur l'île. "La Corse n’est pas une zone de non-droit ! L’État y est présent et, je m’y engage, l’État ne reculera jamais", affirme-t-il.

Le chef du gouvernement renvoie ainsi dos à dos les responsables du guet-apens contre des pompiers et policiers jeudi soir, et les responsables du saccage d'une salle de prière musulmane le lendemain, et promet qu'ils seront traduits devant la justice.

Alors que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est en visite mercredi en Corse, Manuel Valls annonce qu'il s'y rendra pour sa part au premier semestre 2016. Une manière de répondre à l'opposition qui reproche au gouvernement un laxisme particulier concernant la sécurité en Corse, ce que réfute le Premier ministre. "En 2015, seuls 5 attentats et 2 tentatives ont été enregistrés : ce chiffre est en baisse constante depuis 2013", rappelle-t-il, affirmant que "l’État régalien obtient des résultats."

"Proscrire définitivement ces groupes identitaires"

Questionné sur le caractère tardif de la visite du ministre de l'Intérieur, le chef du gouvernement a expliqué qu'il : "fallait d'abord rétablir l'ordre public".

En outre, s'il refuse de faire le lien entre la victoire des élus nationalistes aux régionales et les violences, Manuel Valls estime en revanche qu'il "faut proscrire définitivement (les) groupes identitaires", qui pourraient être à l'origine des manifestations racistes qui se sont traduites notamment par le saccage d'une salle de prière musulmane. "L'Etat prendra toutes ses responsabilités en combattant tous les appels à la haine et à la violence", a-t-il dit à cet égard.

A propos de la revendication nationaliste, le Premier ministre a réfuté la notion de "nation corse". "Il n'y a qu'une seule nation, la nation française. Il est hors de question de revenir là-dessus", a-t-il prévenu.

H. M. avec AFP