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"Les prisons inaugurées sont tombées du ciel": Taubira répond à la pique de Valls

Christiane Taubira, cible d'une pique du Premier ministre sur la politique pénitentiaire menée lorsqu'elle était garde des Sceaux, a choisi l'ironie pour riposter à Manuel Valls.

Nouvel échange d'amabilités entre anciens collègues. "Le gouvernement agit, et tout particulièrement depuis que Jean-Jacques Urvoas est garde des Sceaux", a déclaré lundi le Premier ministre lors d'une visite à la maison d'arrêt de Nîmes, dans le Gard. Si la réplique de Manuel Valls peut prendre l'apparence de félicitations à l'adresse de l'actuel ministre de la Justice, il ne faut pas s'y tromper. Ces quelques mots sont avant tout une pique à peine déguisée pour celle qui occupait le poste avant lui: Christiane Taubira.

"Les prisons inaugurées sont tombées du ciel"

Après les propos du chef du gouvernement, l'ancienne ministre a réagi mardi soir en maniant l'ironie sur Tweeter. "Le quinquennat pénitentiaire a commencé en février 2016, ni budget ni Premier ministre avant; les prisons inaugurées sont tombées du ciel", a-t-elle tweeté, rappelant que Manuel Valls est responsable de la politique pénitentiaire, et laissant entendre que les résultats d'aujourd'hui sont aussi les conséquences de son action passée.

Dans la foulée, l'ancienne députée de Guyane et candidate à la présidentielle de 2002 a publié une infographie rappelant son bilan au ministère de la Justice pour la politique pénitentiaire. "Revalorisation des missions et des indemnités des agents, hausse des effectifs, amélioration des conditions de travail, amélioration des conditions de détention." 

Selon ce document, 85 millions d'euros ont été dédiés en 2015 à la rénovation et à la sécurisation des prisons et 9.700 nouvelles places ont été financées sur le quinquennat.

"Parfois résister c'est partir"

En janvier dernier, Christiane Taubira avait remis sa démission à François Hollande après s'être publiquement opposée à la réforme constitutionnelle de la déchéance de nationalité, qui sera finalement enterrée au Sénat. Depuis son arrivée place Vendôme en 2012, elle s'était retrouvée à plusieurs reprises en délicatesse avec l'Élysée et Matignon. L'icône de la gauche avait donné des explications sur ce départ précipité. "Parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous", avait-elle publié sur Twitter.

Lors d'une conférence de presse, Christiane Taubira avait déclaré quitter le gouvernement sur un "désaccord politique majeur". "Je choisis d'être fidèle à moi-même, à mes engagements, à mes combats, à mon rapport aux autres. Fidèle à nous, à tels que je nous comprends."

C.H.A.