BFMTV

Démission de Christiane Taubira, remplacée par Jean-Jacques Urvoas

En désaccord avec l'exécutif sur la déchéance de nationalité, la démission de la garde des Sceaux a été officialisée mercredi matin.

Christiane Taubira, garde des Sceaux, démissionne du gouvernement. Le président de la République et elle "ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s'ouvre à l'Assemblée nationale, aujourd'hui en Commission des Lois", écrit l'Elysée dans un communiqué. 

Dans son communiqué, le chef de l'Etat sa "reconnaissance pour son action". "Elle aura mené avec conviction, détermination et talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans l'adoption du mariage pour tous", rappelle le chef de l'Etat. Christiane Taubira sera remplacée par le député PS Jean-Jacques Urvoas. La passation de pouvoir devrait se faire dans la journée de mercredi.

> Une démission surprise

La démission de la garde des Sceaux a été actée dès samedi, avant même le départ de François Hollande pour l'Inde. Une décision qui a surpris le chef de l'Etat, alors que Christiane Taubira avait choisi de rester au gouvernement malgré le désaveu dont elle avait fait l'objet sur la déchéance de nationalité.

Mais à quelques heures de la présentation du texte à l'Assemblée, sa position était devenue difficilement tenable. Plutôt que de voir son nom mêlé à d'autres lors d'un potentiel remaniement, la ministre a donc choisi de claquer la porte avec fracas. Le projet de loi sur la réforme pénale, qui doit inclure la prolongation de l'état d'urgence de trois mois, doit être présenté le 3 février prochain en conseil des ministres.

> Sa réaction: "parfois résister c'est partir"

Sur Twitter, la ministre se dit "fière" et affirme que "la Justice a gagné en solidité et en vitalité". "Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous", écrit-elle.

> Les réactions: la gauche de la gauche la salue

Le départ de la ministre a aussitôt fait réagir au PS et dans l'opposition. "Un seul mot: bravo", écrit Aurélie Filippetti sur Twitter, tandis que même Valérie Trierweiler lui rend hommage.

Proche de Manuel Valls, le socialiste Luc Carvounas rappelle sur BFMTV qu'il y avait chez Christiane Taubira "un profond malaise à l'idée de porter ce texte. Or aujourd'hui les concitoyens attendent des messages politiques clairs et forts". Qui passe, aux yeux de Matignon, par l'arrivée de Jean-Jacques Urvoas.

A droite, on accable certains aspects du bilan de la garde des Sceaux, "pire ministre de la Justice" selon Guillaume Larrivé, porte-parole du parti Les Républicains. Eric Ciotti, lui, explique que sa démission "doit marquer la fin de la dérive laxiste que connait notre Justice depuis 2012".

Au Front national, Marine Le Pen salue "une bonne nouvelle pour la France, après une action publique à la tête du ministère de la Justice absolument désastreuse pour notre pays".

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV