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Les gagnants, les perdants, du budget 2013

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Le budget 2013 sera présenté en Conseil des ministres vendredi. Alors qu’un vent d’austérité souffle sur la France et l’Europe, l’heure n’est pas à la dépense. Tout le monde ou presque, même Bercy, devra contribuer à l’effort.

Du "sérieux dans la gestion des finances publiques" voulu par François Hollande à l'austérité, il n'y a qu'un pas. Le budget 2013 qui sera présenté ce vendredi en Conseil des ministres et dont Les Echos a eu connaissance des grandes lignes, décidera des ministères qui verront leur budget augmenter et ceux qui le verront baisser. Est-il conforme aux attentes et aux promesses passées ? Revue de détail.

Les priorités objectives du gouvernement

• Le Travail et l'Emploi

Michel Sapin affirmait ce mardi que l'objectif d'inverser la courbe du chômage en un an restait un objectif "atteignable". Le ministre aura en 2013 un peu plus les moyens de sa politique grâce à une hausse de 3%. Il s'agit d'une rupture totale avec les baisses successives et importantes des années précédentes. En 2012 le budget de ce ministère passait de 11,4 milliards d'euros à 10,2.

Cette hausse, comme celle des Affaires sociales et de la Santé, est aussi liée aux dépenses engendrées par la montée du chômage. Elle participe d'un pari sur un avenir plus favorable à l'emploi.

• Les Affaires sociales et la santé

Avec 3,8%, la hausse du budget de ce ministère qui n'était pas a priori désigné comme "prioritaire" est importante. Cette hausse est d'autant plus remarquable que Marisol Touraine avait arbitré en défaveur d'une augmentation de la CSG préconisée par la Cour des comptes pour aligner celle de retraités sur celles des actifs.

• La Justice

La Justice est l'une des grandes gagnantes de cette nouvelle ventilation. La hausse est de 4% par rapport à 2011. Depuis 2007, l'augmentation atteint 19%. Le ministère insiste sur la nécessité de mettre en œuvre de "réformes d'ampleur" : meilleure exécution des peines, rénovation et construction de nouveaux bâtiments carcéraux ou rémunération des avocats commis d'office lors des gardes à vue.

Les ministères mis à la diète

• L'Education

Le ministère de l'Education (plus gros poste et de loin, avec 44,57 milliards d'euros) pouvait s'attendre à voir son budget plus largement augmenté avec l'annonce par Vincent Peillon du recrutement à terme de 40.000 professeurs. En réalité, les crédits alloués à l'Education ne progresseront que de 0,6% en 2013, ce qui ressemble beaucoup à une stagnation. Ce, alors même qu'il augmentait de 1,6% par rapport à l'année précédente en 2011 et de 2% en 2009. L'Enseignement supérieur et la Recherche tire son épingle du jeu progressant de 2,1 %.

• L'Intérieur

La sécurité évoquée notamment à travers le respect du "pacte républicain" figurait aussi une des priorités évoquées par François Hollande. Pourtant, le ministère de l'Intérieur verra son enveloppe diminuer d'environ 1%. Cette cure d'amaigrissement a d'ailleurs obtenu l'assentiment de Manuel Valls. L'outre-mer, qui dépend de l'Intérieur est le vrai gagnant de la nouvelle donne avec une augmentation de ses crédits de 5%. Un outremer qui, conformément à cette volonté de développement, n'est pas concerné par la chasse aux niches fiscales qui frappe la métropole.

• L'Economie et les Finances

Avec une baisse de 1,2%, le ministère de Pierre Moscovici participe comme "tout le monde" à "l'effort" et montre donc l'exemple. "C'est difficile, mais c'est indispensable", a-t-il commenté sur France 3, dimanche dernier. Il concède que son ministère devra aussi "rendre 2.500 postes".

• La Culture

L'annonce de l'arrêt de plusieurs grands chantiers culturels par la ministre Aurélie Filippetti laissait prévoir cette baisse de 3,6%. Il s'agit essentiellement pour la ministre de remettre en cause "certains projets, annoncés avec légèreté et, pour l'essentiel, non budgétés par l'équipe Sarkozy".