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Le service national universel durera un mois minimum et interviendra autour de 16 ans

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Photo d'illustration - AFP

Emmanuel Macron va annoncer mercredi le lancement en 2019 du service national universel. Si les contours sont définis, la méthode se veut collégiale.

Après des mois de flottement, Emmanuel Macron va annoncer mercredi au conseil des ministres le lancement du projet de service national universel. Une promesse de campagne qui a fait depuis un an l'objet de nombreux rapports, de débats enflammés et de travaux parlementaires. Désormais, le chef de l'Etat a tranché: la forme retenue sera donc un mois de service national obligatoire autour de l'âge de 16 ans, puis volontaire par la suite, a confirmé mardi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Des jeunes "pourront faire des périodes plus longues en fonction de leurs envies, que ce soit dans le domaine associatif, dans le domaine militaire, dans le domaine civique, dans le domaine sanitaire", précise-t-il.

Selon le rapport du groupe de travail chargé de la réflexion sur ce service, le mois sera composé de 15 jours en hébergement, puis 15 jours centrés sur un "projet collectif", affirme franceinfo. Ils seront prioritairement répartis sur les vacances et éventuellement sur le temps scolaire. Le mois de service devrait être introduit après la classe de troisième dès 2019 pour une première phase pilote, avant d'être étendu progressivement à 700 000 jeunes d'ici plusieurs années.

Une grande consultation à l'automne

Les jeunes seront-ils hébergés en caserne? Quel sera le déroulé type d'une journée? Pour l'instant, difficile d'en savoir plus. Mais Emmanuel Macron a décidé de ne brusquer personne et n'a donc pas figé les modalités de ce mois de service: le projet doit encore être construit avec les jeunes, leurs parents, les enseignants et les collectivités, au sein d'une grande consultation numérique. Le groupe de travail animé par le général Daniel Ménaouine doit se charger de mettre en place la consultation en question dès l'automne, croit savoir Les Echos.

L'enjeu est de taille car ces derniers mois Emmanuel Macron a imposé un rythme législatif très soutenu, allumant ça et là des fronts contre lui. Cette fois, il s'agit donc de ne rien presser et de se montrer à l'écoute. Tout d'abord parce que plusieurs experts – dont le groupe de travail officiel – l'ont averti des "difficultés non négligeables" et notamment financières que poserait un tel projet. D'autre part parce qu'Emmanuel Macron voit sa popularité baisser nettement chez les jeunes: selon le baromètre Ifop pour le JDD du 26 mai dernier, c'est chez les 18-24 ans qu'il décroche le plus. L'objectif est donc de ne pas effrayer un électorat qui pourrait s'avérer précieux par la suite.

A. K.