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Gaz de schiste: Ayrault recadre Montebourg

Les propos d'Arnaud Montebourg n'ont pas été appréciés par ses collègues écologistes.

Les propos d'Arnaud Montebourg n'ont pas été appréciés par ses collègues écologistes. - -

La sortie d’Arnaud Montebourg sur une potentielle exploitation du gaz de schiste en France a ravivé les tensions déjà très vives entre responsables écologistes et socialistes. Jean-Marc Ayrault est intervenu.

Une fausse note de plus entre écologistes et socialistes. Mercredi, le ministre du Redressement productif a souhaité que l'exploitation du gaz de schiste soit confiée à une compagnie publique et non au privé, si une technique non polluante était mise au point.

Une brèche dans la position officielle du gouvernement, qui consiste à rejeter l’exploitation des gaz de schiste en raison des dégâts écologiques causés par les forages. La sortie d'Arnaud Montebourg a littéralement fait bondir les écologistes, qui ont du mal à se remettre de l’éviction du gouvernement de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho.

Cette dernière a d'ailleurs profité de l'occasion pour appeller Jean-Marc Ayrault à lever "l'ambiguïté permanente" sur le sujet.

Ce qu'a fini par faire le Premier ministre, rappelant jeudi après-midi qu'"il n'y a qu"une politique au gouvernement", et que l'interdiction d'exploitation du gaz de schiste est "maintenue".

Jeudi matin, c'est le nouveau ministre Philippe Martin qui a dû clarifier la position gouvernementale. Dans un communiqué il explique que la question de l'exploitation "écologique" des gaz de schiste "ne se pose pas", notamment en raison du bilan carbone "très négatif" des forages.

Un tweet cinglant de Cécile Duflot

Les autres membres du gouvernement n’ont pas particulièrement apprécié la sortie du ministre du Redressement productif. Sur BFMTV, Stéphane Le Foll a dénoncé un choix "pas cohérent avec celui qui a été fait lors de la conférence environnementale".

Quant à la ministre du Logement, Cécile Duflot, elle a rappellé sur son compte Twitter la position développée par Philippe Martin, écrivant d'un ton cinglant qu’il est le "seul ministre de l’Energie" du gouvernement.

De la part du seul ministre de l'énergie : Gaz de schiste. Pas d'exploitation « écologique » selon Philippe Martin http://t.co/lez6GbFRmH
— Cécile Duflot (@CecileDuflot) July 10, 2013

Une position en écho aux déclarations de Jean-Vincent Placé, qui s’est littéralement déchaîné jeudi matin sur RFI contre le ministre: "il ne lui reste plus que le verbe, parce qu'il vole d'échecs en échecs (...) Partout où il passe, les emplois disparaissent et il représente un peu quelque part une faillite du verbe", a renchéri le patron des sénateurs écologistes. De fait, a-t-il poursuivi, Arnaud Montebourg est "à la fois nuisible à l'écologie et (...) nuisible au gouvernement".

Malgré cette partie solo peu appréciée, la place d’Arnaud Montebourg n’est pas menacée au sein du gouvernement, a expliqué le chef des députés socialistes, Bruno Le Roux. "Bien entendu qu'on ne le sort pas du gouvernement", a-t-il assuré sur Europe 1, jugeant qu'Arnaud Montebourg, non sans une certaine "provocation", avait dit "simplement (...) qu'il ne doit pas y avoir a priori de mise au ban de ce que sont les gaz de schiste".

"Quand un ministre dit (...) qu'il y a un fort potentiel pour la France, il dit vrai, et pour autant quand il veut créer une entreprise publique sur cette question, il va trop vite", a nuancé le patron du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

Ariane Kujawski