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Dérèglement climatique: "L'urgence, c'était hier", dénonce Nicolas Hulot

Nicolas Hulot mardi 28 août 2018.

Nicolas Hulot mardi 28 août 2018. - Capture France Inter

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a appelé ce mardi sur Europe 1 à la responsabilité de chacun afin de pouvoir limiter l'impact des changements climatiques, qui ne constituent désormais plus "une situation de crise" mais "une situation permanente".

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a appelé ce mardi matin à dépasser les "querelles politiciennes" et "conflits stériles" et se "réunir" afin de limiter l'impact des dérèglements climatiques. 

Car, le ministre est formel, "l'urgence, c'était hier". "C'était hier qu'il fallait qu'on réagisse. Maintenant on a basculé dans une situation qui n'est plus une situation de crise mais une situation permanente", constate-t-il au micro d'Europe 1

"On n'a que trop tardé"

"On subit les conséquences des changements climatiques, on n'a que trop tardé", expose Nicolas Hulot, interrogé dans un contexte de canicule durable dans l'Hexagone. Une étude américaine de référence a confirmé la semaine dernière que 2017 avait été la deuxième ou troisième année la plus chaude depuis le début des relevés (entre la moitié et la fin du XIXe siècle), et la plus chaude hors phénomène El-Niño. 

"On ne va pas en faire le procès, c'est probablement une responsabilité collective", soulève le ministre. "On a laissé se développer des phénomènes qui sont le fruit d'un mode de développement, d'ajournement, parfois de reniement, mais qui sont collectifs", martèle-t-il. 

"On est face à une nouvelle situation", explique celui qui sensibilise à la protection de l'environnement depuis des décennies. "Il faut qu'on s'adapte aux changements climatiques tout en continuant à lutter contre les causes, pour éviter que le phénomène ne s'amplifie et nous échappe", poursuit Nicolas Hulot. 

Ce dernier en appelle pour cela à la responsabilité de chacun et à "l'union sacrée". "La première chose qu'il faut faire, c'est se réunir sur l'essentiel. (...) Et que chaque citoyenne, chaque citoyen, chaque responsable, se pose la question de ce qu'on peut faire ensemble pour lutter contre les changements climatiques et pour lutter contre la pollution de l'air", estime-t-il. 

"Des querelles politiciennes alors que l'humanité est face à son destin"

Le ministre assure "le faire à (son) niveau" mais fustige les "conflits stériles". "Un exemple: je veux inscrire à l'article 1 de la Constitution la lutte contre les changements climatiques parce que c'est la grande cause du XXIe siècle, qui met l'humanité devant son propre destin", explique-t-il, regrettant "qu'à peine posé ce projet, on a déjà des joutes et querelles politiciennes simplement parce qu'on est dans la posture, alors que l'humanité est face à son destin". 

"On a les outils technologiques, on a les outils techniques, on a les outils économiques", assure-t-il pourtant, faisant valoir également qu'"un ministre tout seul quel qu'il soit, un pays tout seul quel qu'il soit, n'arrivera pas à résoudre une situation qui est le fruit d'un mode de développement sur des décennies et des décennies".

Liv Audigane