BFMTV

Démission de Taubira: la feuille de route d'Urvoas pour les 15 prochains mois

Jean-Jacques Urvoas défendra la réforme constitutionnelle devant l'Assemblée.

Jean-Jacques Urvoas défendra la réforme constitutionnelle devant l'Assemblée. - Kenzo Tribouillard - AFP

Après la démission surprise de Christiane Taubira, François Hollande a décidé de nommer Jean-Jacques Urvoas comme garde des Sceaux. Sa feuille de route est déjà tracée: il n'engagera pas de grandes réformes concernant la justice.

"Je vais m’attacher à faire aboutir ces projets… comme la réforme constitutionnelle voulu par le président de la République." Le message transmis par Jean-Jacques Urvoas, nouveau ministre de la Justice, lors de la passation de pouvoir avec la démissionnaire Christiane Taubira, est très clair. Ce proche du Premier ministre n'engagera pas de grandes réformes lors des 15 prochains mois qu'il passera place Vendôme.

Saluant le travail de sa prédécesseure Christiane Taubira, qui a avoué avoir démissionné à cause d'un "désaccord politique majeur", Jean-Jacques Urvoas a rappelé les projets encore en cours: "la réforme du Conseil supérieur de la magistrature" ou "le projet J21".

"Je vais m’attacher à faire aboutir ces projets", a insisté le nouveau ministre, citant..."la réforme constitutionnelle voulu par le président de la République", point de crispation entre l'exécutif et l'ancienne Garde des Sceaux.

"Ne pas chercher à bouleverser l'univers judiciaire"

Avec la nomination d'un de ses amis, Manuel Valls gagne son bras de fer face à celle qui représentait l'aile gauche de l'échiquier socialiste et dont la liberté de parole a mis en porte-à-faux à plusieurs reprises ce gouvernement.

"Pendant 15 mois, mon engagement sera de ne pas chercher à bouleverser l’univers judiciaire mais à me concentrer sur la prise en charge du présent, seul gage d’un futur maîtrisé."

L'avenir du ministère de la Justice est scellé. Lui-même en est conscient, la tâche de Jean-Jacques Urvoas consistera à défendre la dotation du ministère de la Justice alors qu'a été décidé une grande vague de recrutement dans la magistrature et que les syndicats dénoncent encore et toujours un manque de moyens dans les tribunaux. 

"J’ai surtout 15 mois devant moi qui seront dédiés à une priorité absolue: obtenir des moyens conséquents pour ce ministère", prévient le tout nouveau ministre.

En première ligne sur la réforme constitutionnelle

Spécialiste des questions de sécurité, il avait ainsi plaidé, avec succès, pour l’instauration d’un contrôle parlementaire de l’état d’urgence, lors du vote de la prorogation de celui-ci, quelques jours après les attentats de novembre. Le 13 janvier dernier, il estimait que les mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence doivent être "limitées au strict nécessaire, ciblées avec une précision suffisante et ne présenter qu’un caractère temporaire".

Après avoir été missionné pour trouver un compromis sur la déchéance de nationalité, permettant à Manuel Valls de sortir sa formule magique mercredi sur la question, Jean-Jacques Urvoas sera désormais en première ligne pour défendre le projet de loi portant sur la réforme constitutionnelle qui sera examinée à partir du 5 février à l'Assemblée nationale.

Justine Chevalier