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Déchéance de nationalité: des ministres évoquent "le malaise Taubira"

Christiane Taubira arrive à Matignon le 6 janvier 2016

Christiane Taubira arrive à Matignon le 6 janvier 2016 - Martin Bureau - AFP

Christiane Taubira ne cache pas ses doutes sur la présence de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français dans le projet de réforme constitutionnelle. Elle devra pourtant unir sa voix au choeur gouvernemental...

"La déchéance de nationalité n'est pas souhaitable pour les Français binationaux (...) L'efficacité est absolument dérisoire". La voix discordante de Christiane Taubira sur la déchéance de nationalité passe mal au sein du gouvernement. D'autant que la Garde des Sceaux est censée défendre elle-même le texte devant le Parlement.

Et elle n'en est pas à son coup d'essai. La ministre avait déjà enterré la mesure en décembre dernier dans une interview à une télévision algérienne, expliquant un peu vite que le gouvernement avait décidé de ne pas la retenir dans le projet de réforme constitutionnelle.

Comme le rappelle Le Parisien ce lundi, Arnaud Montebourg et Delphine Batho ont, en leur temps, dû quitter le gouvernement pour moins que ça. Jack Lang, interrogé par BFMTV, estime que la position Christiane Taubira est difficilement tenable. "Dans un gouvernement on doit témoigner, elle l’affirme elle-même, d’une loyauté et d’une solidarité permanente", explique l'ancien ministre de la Culture.

"Le droit de s’exprimer à l’intérieur est complet, mais vis-à-vis du pays, vis-à-vis de l’extérieur il faut former un seul bloc", explique-t-il.

"Un vrai malaise"

"Il n'y a qu'une seule ligne possible, c'est celle qui avait été définie par le Président de la République, chacun doit s'y tenir", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls la semaine dernière.

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement admet "un vrai malaise" auprès du Parisien. Dans les colonnes du quotidien, un autre ministre n'hésite pas à comparer la situation au "cirque Pinder" quand un troisième avoue carrément: "on est largués!". Des dissensions dans les rangs de la gauche qui vont être renforcées par la position hostile de l'opposition vis-à-vis de la ministre de la Justice. "Déjà qu'elle est la cible préférée de l'opposition...", redoute un secrétaire d'Etat dans les colonnes du Parisien.

La droite a en effet appelé vendredi François Hollande à "trancher" le cas de Christiane Taubira. Même à gauche pour certains, le maintien à son poste semble d'ores et déjà compliqué. "Pas le choix désormais, il faut la téléporter", croit savoir un secrétaire d'Etat cité par Le Parisien, sous-entendant que la ministre pourrait garder sa place au sein du gouvernement, mais changer de portefeuille sous peu.

A. D.