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Coronavirus: après la maladresse de Sibeth Ndiaye, Édouard Philippe rend hommage aux enseignants

La porte-parole du gouvernement avait tenté de minimiser l'appel aux renforts du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, sous-entendant au passage que certains enseignants ne travaillaient pas. L'intéressée s'était ensuite excusée, évoquant une formulation "débile".

L'exécutif veut à tout prix éviter de mettre en colère tel ou tel secteur d'activité. Au hasard les enseignants, très remontés après des propos maladroits tenus mercredi par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à leur sujet. La ministre s'est vue accusée de sous-entendre que ceux-ci ne travaillaient pas, du fait de la fermeture des écoles liée à la pandémie de nouveau coronavirus.

Prenant la parole ce vendredi, le Premier ministre Édouard Philippe a - comme son ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer - tenté d'éteindre ce nouvel incendie. Après avoir remercié "très chaleureusement" l'ensemble des personnels soignants et ceux qui maintiennent l'ordre en cette période de crise, le locataire de Matignon a eu "un mot particulier" pour les enseignants. 

"Dans des circonstances et des situations souvent dégradées, (ils) font un travail remarquable d'imagination, d'inventivité, de mobilisation, pour essayer de garantir cette continuité pédagogique dont nos enfants ont besoin, pour faire en sorte que cette période de confinement ne soit pas une période qui serait perdue", a pris le temps de développer Édouard Philippe en marge d'une réunion au ministère de l'Intérieur.

"Trésors d'inventivité"

Poursuivant sur sa lancée, le Premier ministre a réitéré combien le gouvernement était impressionné par "les trésors d'inventivité" brandis par certains enseignants pour "dépasser les problèmes techniques qui peuvent évidemment arriver". Le chef de gouvernement dit vouloir que le confinement "reste une période d'apprentissage, une période de relation aussi entre les élèves et (...) leurs enseignants".

Lors de son point presse à l'issue du dernier Conseil des ministres, Sibeth Ndiaye s'était vue poser une question au sujet de l'appel lancé par Didier Guillaume le matin même. Le ministre de l'Agriculture en appelait à l'aide de "l'armée de l'ombre", aux Français qui le pouvaient, pour venir en renfort aux agriculteurs. 

"Il va sans dire que nous n’entendons pas demander à un enseignant, qui aujourd’hui ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser toute la France pour aller récolter des fraises gariguettes", avait répondu la porte-parole du gouvernement.

Sibeth Ndiaye avait ensuite fait son "mea culpa" sur Twitter. "Mon exemple n'était vraiment pas le bon", avait-elle reconnu, avant d'affirmer être "la première à mesurer combien l'engagement quotidien des professeurs est exceptionnel".

Jules Pecnard