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Comment le gouvernement veut attirer les étudiants étrangers

A Marseille, des étudiants en médecine passent un examen de fin de semestre, en décembre 2012. -

A Marseille, des étudiants en médecine passent un examen de fin de semestre, en décembre 2012. - - -

Le gouvernement s'apprête à présenter des mesures pour attirer les étudiants étrangers, dont le nombre a baissé de 8.1% depuis 2010. Pourtant à l'échelle internationale, la France reste le quatrième pays d'accueil des étudiants étrangers.

Avec plus de 300.000 étudiants accueillis chaque année, la France continue d'être le quatrième pays d'accueil des étudiants étrangers, mais elle a vu son nombre baisser de 8,1% entre 2010 et 2015. Pour Matignon, la France "court un risque de décrochage", même si la tendance est repartie légèrement à la hausse ces dernières années.

Le Premier ministre s'apprête d'ailleurs, le 19 novembre dans le cadre des rencontres universitaires de la Francophonie, à annoncer un panel de mesures pour contrer la désaffection des étudiants étrangers dans les universités et grandes écoles françaises. 

Visas facilités, frais d'inscription, campus à l'étranger 

L'exécutif entend réformer les droits d'inscription dans les universités françaises pour les étudiants hors Union Européenne, soit environ 100.000 personnes. Là où les étudiants hors UE paient aujourd'hui les frais d'inscription classiques de quelques centaines d'euros, cette "stratégie différenciée" prévoit qu'"une partie d'entre eux paieront des frais d'inscription plus élevés", jusqu'à un plafond d'"un tiers du coût réel", selon la note conjointe de Matignon, du Quai d'Orsay et du ministère de l'Enseignement supérieur.

En parallèle, les programmes de bourses et d'exonérations au bénéfice "seront considérablement renforcés", précise ce document sans fournir de critères. Les étudiants de l'UE continueront à payer les mêmes droits que les étudiants français, conformément aux règles européennes.

A l'image du Campus franco-sénégalais et l'Université franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée (UFTAM) en cours de création, le plan vise à "multiplier les campus franco-étrangers" offrant des diplômes français et à un "doublement des partenariats avec l'Afrique".

La France continue d'attirer une grande majorité d'Africains, mais souhaite diversifier les origines, en se tournant notamment vers l'Asie. Après avoir autorisé il y a quelques années les cours en anglais à l'université, Paris devrait poursuivre le mouvement et faciliter également la délivrance de visas étudiants, avec des procédures numérisées et simplifiées.

"Un contexte favorable" pour la France

Selon des statistiques publiées lundi par l'agence Campus France, 343.000 étudiants sur les quelque cinq millions d'étudiants internationaux dans le monde étudiaient en France à la rentrée 2018. Avec près de 7% du total, la France se classe derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, comme première destination non anglophone. Mais sa place est disputée par plusieurs concurrents à la fois européens comme l'Allemagne et la Russie ou plus lointains comme la Chine, le Canada ou l'Arabie Saoudite.

Le durcissement de la politique migratoire américaine impulsée par Donald Trump, et les possibles conséquences du Brexit créent "un contexte favorable" pour la France, observe la note gouvernementale.

Selon Campus France, l'agence publique de promotion à l'étranger de l'enseignement supérieur français, l'accueil des étudiants étrangers coûte chaque année 3 milliards d'euros par an à la France mais rapporte 4,65 milliards d'euros. 

Jeanne Bulant avec AFP