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Cazeneuve expose son plan d'action contre le jihad

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le 27 juin 2014 à Saint-Cyr, au Mont d'Or.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le 27 juin 2014 à Saint-Cyr, au Mont d'Or. - -

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dévoile, dans un entretien au "Parisien" lundi 7 juillet, les grandes lignes de son plan d'action anti-jihad. Ses deux priorités: empêcher les sorties du territoire des mineurs concernés, et de démanteler les filières de recrutement.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est dévoilé au Parisien dans un entretien publié lundi 7 juillet. Dans cette interview, l'ancien ministre des affaires européennes et du budget revient sur les grandes lignes du plan gouvernemental anti-jihad, une priorité pour le ministre.

Bernard Cazeneuve présentera mercredi un projet de loi visant à renforcer ce plan gouvernemental. Il mise notamment sur des interdictions de quitter le territoire, aussi bien pour les mineurs que pour les majeurs. BFMTV.com revient sur les grands points de cet entretien.

800 jeunes concernés

Pour le ministre de l'Intérieur, l'ampleur du phénomène des candidats français au jihad en Syrie implique "un devoir absolu de réagir". Il appelle ainsi à un renforcement de la coopération européenne et internationale, notamment avec les Britanniques.

En France, "près de 800 jeunes sont concernés", explique Bernard Cazeneuve dans le Parisien. "Soit ils sont déjà partis sur le théâtre des opérations jihadistes en Syrie - c'est le cas de 300 d'entre eux - soit ils ont émis le souhait d'y aller, et pourraient partir demain", poursuit-il. "Une trentaine y sont morts, 180 seraient sur la route, une centaine aurait matérialisé la volonté de s'y rendre et plus d'une centaine serait sur le chemin du retour. Parmi eux, il y a de plus en plus de femmes et de mineurs".

Sur ce point précis, le ministre souhaite avant tout "empêcher les départs des mineurs".

"Empêcher les départs des mineurs"

Bernard Cazeneuve estime en effet qu'un certain nombre de jeunes concernés par le phénomène "n'ont jamais rencontré l'islam" et "l'écrasante majorité n'a pas ou très peu de culture religieuse". "Ce sont parfois des délinquants qui se sont radicalisés en prison", affirme-t-il. Il rappelle également la "violence" d'une propagande jihadiste sur Internet, qui peut facilement influencer de jeunes Français.

Ainsi, le ministre de l'Intérieur propose de mettre l'accent sur des interdictions de quitter le territoire pour les mineurs concernés. "Nous avons mis en place une interdiction sur demande des parents qui se traduit par une inscription au fichier des personnes recherchées et une signalisation au système d'information Schengen et permet de prévenir les départs", explique Bernard Cazeneuve.

Il précise qu'une interdiction similaire sera mise en place pour les personnes majeures, "avec une interdiction administrative de sortie de territoire sous contrôle du juge".

Le danger de l'endoctrinement sur Internet

Bernard Cazeneuve souligne ensuite qu'"il est nécessaire de démanteler les filières très organisées de recrutement de ces jeunes, dont les méthodes d'endoctrinement sur Internet sont extrêmement performantes".

"Cela signifie une action spécifique pour identifier leurs représentants, geler leurs avoirs, sensibiliser les grands fournisseurs d'accès Internet", poursuit-il, "pour interdire autant que possible la diffusion d'images et de vidéos incitant à la barbarie."

Selon le ministre de l'Intérieur, les réseaux de propagande jihadiste sur Internet diffusent l'idée "que la vie après la mort dans le cadre du jihad est une promesse infinie de bonheur et de rédemption". "Mais cet aller vers la Syrie qu'on leur propose", martèle Bernard Cazeneuve, "c'est un aller vers la mort."

V.P. avec AFP