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Bernard Cazeneuve, le soldat de l'ombre

Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

PORTRAIT - Le nouveau ministre de l'Intérieur, s'il n'est pas vraiment spécialiste des questions de sécurité, devrait mettre en avant ses qualités de rigueur et d'autorité. Sa loyauté envers François Hollande a également fini par payer.

Pressenti au sécrétariat général de l'Elysée, Bernard Cazeneuve sera finalement le nouveau ministre de l'Intérieur français. Il remplace ainsi Manuel Valls, qui vient de prendre ses fonctions à Matignon.

Ayant gagné ses galons au ministère du Budget après le séisme de l'affaire Cahuzac, il accède à un poste très convoité, à la faveur d'un compromis entre le chef de l'Etat et son nouveau Premier ministre.
François Hollande espérait en effet placer placer François Rebsamen, l'un de ses proches en charge du dossier sécurité lors de sa campagne présidentielle, mais Manuel Valls lui préférait le député Jean-Jacques Urvoas.

Humour froid et costumes en tweed

Bernard Cazeneuve, homme d'appareil et juriste, ancien député-maire de Cherbourg dans la Manche, est plus au fait des questions de défense et d'industrie nucléaire que de sécurité intérieure. Mais cet homme de dossiers pourra mettre en avant place Beauvau les qualités dont il a fait preuve à Bercy, alliant rigueur et autorité.

Il a ainsi su appliquer sans rechigner la ligne de redressement des comptes publics fixée par l'exécutif, et imposer à ses collègues les 50 milliards d'économies que le gouvernement devrait prochainement dévoiler, en même temps que le Pacte de stabilité.

Cet adepte des bonnes manières, qui aura 51 ans en juin, partage avec François Hollande un sens de l'humour presque aussi britannique que ses costumes en tweed. Cet humour froid lui a servi à repousser les attaques de l'opposition au Parlement et, à en croire certains ministres, à obtenir d'eux des coupes budgétaires parfois douloureuses.

Loyal envers Hollande

Aux Affaires européennes, le poste qu'il occupait avant de prendre à Bercy la place traditionnelle du ministre "qui dit 'non'", il s'était déjà fait remarquer par sa loyauté à François Hollande.

Partisan du "non" au référendum sur la Constitution européenne en 2005, il s'était ainsi retrouvé en première ligne pour défendre le traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) prônant davantage de discipline budgétaire au grand dam de la gauche du PS et des écologistes.

Diplômé de l'IEP de Bordeaux, juriste à La Banque populaire, ce père de deux enfants avait travaillé dans plusieurs cabinets ministériels dans le gouvernement de Lionel Jospin, entre 1997 et 2002.

Fervent défenseur de l'énergie nucléaire, position qui a provoqué une rupture avec les écologistes dans son département, Bernard Cazeneuve a plaidé pour l'implantation d'un réacteur de troisième génération (EPR) dans le Cotentin.

Yann Duvert avec agences