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Accusé par un député PS de parler comme Salvini, Castaner riposte

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le jour du vote solennel en première lecture à l'Assemblée nationale de la proposition de loi "anti-casseurs", le 5 février 2019. - Jacques Demarthon - AFP

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le jour du vote solennel en première lecture à l'Assemblée nationale de la proposition de loi "anti-casseurs", le 5 février 2019. - Jacques Demarthon - AFP - -

Interpellé à l'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement, le ministre de l'Intérieur a invoqué son choix, en 2015, de retirer sa liste socialiste aux élections régionales pour faire barrage au FN.

Il ne manquait plus qu'une petite mise en cause publique dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Ce mercredi, lors de la séance de questions au gouvernement, Christophe Castaner a été interpellé par un député socialiste au sujet de ses propos sur les ONG de secours aux migrants. Le ministre de l'Intérieur en accuse certaines de se faire les "complices des passeurs". 

Joël Aviragnet, élu dans la Haute-Garonne, a reproché à son ancien collègue de parti d'avoir "couvert de honte le pays" par ses propos "inadmissibles". Louant le rôle humanitaire des ONG en question, telle que SOS Méditerranée, le parlementaire PS a copieusement tancé Christophe Castaner, que "la décence aurait dû (...) condamner au silence".

"Par votre déclaration, vous déshonorez la France et ceux qui croient à l'humain, à la dignité des personnes qui risquent leur vie pour un monde meilleur", a estime Joël Aviragnet, d'après qui le ministre se rend "complice des groupuscules fascistes et de l'extrême droite de Salvini, d'Orban et de Le Pen".

"Combat contre l'extrême droite"

Qualifiant l'interpellation du député d'"inacceptable", Christophe Castaner a tenu à préciser que le propos cité s'inscrivait dans une louange plus globale du rôle des ONG dans le défi migratoire. "Vous aurez beau chercher, (...) vous ne décèlerez aucune ambiguïté dans cette phrase", a-t-il d'abord défendu. 

Et de persister toutefois:

"Il est documenté qu'il a pu y avoir, dans certains cas, des interactions entre des passeurs et certaines ONG. (...) Ces faits, M. le député, ont été établis par deux rapports bimensuels de Frontex."

Fustigeant "les passeurs", le ministre de l'Intérieur a ensuite voulu rappeler son "combat contre l'extrême droite": 

"Il a toujours été constant, y compris en 2015 quand il a fallu que je retire ma liste aux élections régionales. Et je n'ai, sur ce sujet, pas beaucoup de leçons à recevoir de ceux qui, lors de l'élection présidentielle en 2017, n'ont pas su (...) où était l'adversaire", a tonné Christophe Castaner sous les applaudissements de la majorité. 

Lors des dernières régionales, la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur fut le théâtre d'une triangulaire redoutable pour le Parti socialiste.

Tête de liste PS, Christophe Castaner avait recueilli 16,6% des voix, loin derrière son adversaire Les Républicains Christian Estrosi (26,5%) et, surtout, la candidate frontiste Marion Maréchal-Le Pen, qui avait obtenu plus de 40%. Acculé, le député-maire de Forcalquier s'est vite retiré au profit de la liste estrosiste, qui l'a emporté une semaine plus tard.

Jules Pecnard