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Gilets jaunes: pour Édouard Balladur, "en mai 1968, la tâche était peut-être plus facile"

Edouard Balladur, ancien premier ministre.

Edouard Balladur, ancien premier ministre. - Philippe Lopez - AFP

Auprès du Premier ministre Georges Pompidou lors des événements de Mai-68, Edouard Balladur a comparé la situation de l'époque avec la crise des gilets jaunes que traverse actuellement le pays.

Conseiller social du Premier ministre Georges Pompidou lors des événements de Mai-68, Édouard Balladur était l'invité d'Europe 1 ce vendredi pour évoquer le mouvement des gilets jaunes.

L'ancien Premier ministre a jugé "qu'en mai 1968, la tâche était peut-être plus facile qu'elle ne l'est aujourd'hui", selon lui, le problème actuel des gilets jaunes vient du fait qu'il n'y a "pas d'interlocuteur".

Feu de paille

Sans organisation ni représentants officiels du côté des gilets jaunes, "leur mouvement risque de se terminer en feu de paille qui ne laissera que des déçus, des gens attristés et qui ne résoudra rien".

Il a pointé par ailleurs "un foisonnement de revendications et une absence de coordination au sein du mouvement de protestation". 

Selon Édouard Balladur cette crise est "à la fois sociale, politique et d’abord et avant tout morale".

La solution à cette crise serait le dialogue: "Je pense qu’il faut se parler. Mais pour se parler, il faut que les conditions d’un dialogue efficace soient réunies", a encore affirmé l'homme politique. Avant d'avertir: "Tout dialogue serait rendu impossible" en cas de nouvelles violences samedi.

"L'intérêt national doit primer sur toute autre considération"

A propos de samedi, l'ancien député de Paris affirme que "les gilets jaunes ont tout intérêt à éviter la violence". Le "meilleur moyen" pour cela est de "ne pas venir en masse" dans la capitale. Il se dit toutefois "très inquiet" car cela "peut très mal se terminer".

Pour l'ancien chef du gouvernement, il relève de "l'intérêt national" de "sortir" de cette crise.

Il a aussi appelé les partis politiques à ne pas "profiter de la situation": "Il ne faut pas s'imaginer que la politique du pire soit une bonne politique en pareille occurrence. En général, on en subit soi-même les conséquences et cela a été le cas en mai-68. Il faut que chacun se convainque que l'intérêt national doit primer sur toute autre considération."
B.L.