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"Gilets jaunes": Lecornu estime que la colère exprimée par la ruralité est inédite

Sébastien Lecornu était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi matin sur notre antenne. Le ministre chargé des Collectivités territoriales a livré son analyse du mouvement des "gilets jaunes".

Le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a répondu ce jeudi matin aux questions de notre journaliste Jean-Jacques Bourdin. Evoquant en longueur le sujet des "gilets jaunes", le membre du gouvernement a lancé: "Cette colère n’est pas nouvelle, ce qui est nouveau c’est que la France rurale l’exprime. Dans les villages, des maires disent: ‘C’est la première fois qu’on a des manifestants dans notre village".

Un "nœud de contradictions" 

Sébastien Lecornu a encore déclaré: "Il faut toucher du doigt ce sentiment de déclassement, ce sentiment que 'ce n’est pas pour soi', ce sentiment d’assignation à résidence". Il a par ailleurs relevé un "nœud de contradictions" au centre du mouvement, tout en ajoutant qu'il le "respect(ait) et le compren(ait)". "Il y a une forme de contradiction dans la colère qui s’exprime, d'un côté on a un citoyen à un rond-point qui dit: 'marre des impôts' et de l'autre, un citoyen qui, avec la même bonne foi, veut plus de services publics", a-t-il développé. 

Il a assuré que la composition des groupes protestataires avait évolué depuis le début de la semaine: "Depuis lundi et mardi, les manifestants ont laissé place à des individus peut-être moins coutumiers d'une expression politique spontanée mais davantage militante." Il a enchaîné, en affirmant que, selon lui, les personnes en question n'émargeaient "pas franchement aux Républicains ou au Parti socialiste" mais étaient plutôt "affiliées à des formations plus extrêmes". 

Robin Verner