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Gérald Darmanin à Bayonne: la mort du chauffeur de bus "n'est pas un simple fait divers"

Philippe Monguillot est mort après avoir été violemment agressé dimanche, alors qu'il voulait contrôler le ticket d'une personne et exigeait le port du masque pour trois autres passagers.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est arrivé ce samedi en début d'après-midi à Bayonne pour faire le point sur la sécurité dans la ville au lendemain du décès d'un chauffeur de bus roué de coups dimanche dernier durant son service.

Arrivé à la mairie sans faire de déclaration, le ministre s'est s'entretenu avec les élus et représentants de l'État, puis a rencontré les conducteurs, qui ont exprimé leur colère et indignation en usant de leur droit de retrait depuis lundi.

"Drame ignoble"

Au cours de ce déplacement, Gérald Darmanin fait savoir "l'émotion du gouvernement devant ce drame ignoble. C'est un acte absolument odieux, inqualifiable, et je fais confiance à la magistrature pour tout faire pour confondre ceux qui ont commis ces actes barbares" dans cette affaire qui n'est, selon, "pas un simple fait divers".

Et de poursuivre: "Jamais le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ne laisseront se banaliser cette violence gratuite. Je sais que trop souvent, les conducteurs de bus et de métros, les contrôleurs, ont peur. Nous sommes là pour les rassurer, le conducteur de bus doit pouvoir conduire son véhicule sans risquer sa vie."

Les collègues de Philippe Monguillot doivent reprendre le travail lundi "dans des conditions de sécurité renforcées", selon l'opérateur de transports Keolis.

"Nous avons décidé de le laisser partir"

La famille de Philippe Monguillot a annoncé vendredi soir le décès du chauffeur de 59 ans, en état de mort cérébrale depuis son agression.

"Nous avons décidé de le laisser partir. Les médecins étaient pour et nous aussi", avait annoncé sa fille Marie, 18 ans.

Ce père de deux autres filles de 21 et 24 ans, a été victime d'une agression "d'une extrême violence", roué de coups et grièvement blessé à la tête, alors qu'il voulait contrôler le ticket d'une personne et exigeait le port du masque pour trois autres passagers, selon le parquet de Bayonne.

"La justice punira les auteurs de ce crime abject"

À l'annonce de son décès, les appels à des sanctions plus sévères se sont succédé dans les rangs de la droite, le député LR Éric Ciotti réclamant "de lourdes sanctions envers (les) meurtriers" tout comme le maire LR de Nice, Christian Estrosi, pour qui "cet acte barbare appelle les sanctions les plus sévères".

En réponse, le gouvernement a promis la fermeté par la voix de son Premier ministre: "la justice punira les auteurs de ce crime abject", a assuré Jean Castex vendredi sur twitter.

Âgés de 22 et 23 ans et connus des services de police, deux hommes se trouvent en détention provisoire, mis en examen pour "tentative d'homicide volontaire", une incrimination qui doit être requalifiée en "homicide volontaire sur un agent de réseau de transports publics" à la demande du parquet. Deux complices trentenaires ont également été écroués cette semaine pour "non-assistance à personne en danger".

C.M. avec AFP