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Quand le Front national murmure à l'oreille des défenseurs des bêtes

Marine Le Pen au salon de l'agriculture en 2013

Marine Le Pen au salon de l'agriculture en 2013 - Kenzo Tribouillard-AFP

"Belaud-Argos" est le huitième collectif du Front national, qui se penche cette fois-ci sur la protection animale. Une manière pour le parti d'extrême droite de joindre la conquête de nouveaux électeurs à ses thématiques de prédilection.

Nouvelle cause pour le Front national. Le parti d'extrême droite a lancé ce lundi le "collectif Belaud-Argos" pour promouvoir la protection animale, en présence de sa présidente. C'est le huitième collectif pour le parti de Marine Le Pen, après "Racine" pour les enseignants, le "Clic" destiné au monde de la culture, ou encore "Marianne" pour les jeunes. En octobre dernier, le FN tentait encore de se rapprocher des "oubliés" avec son collectif "Banlieues patriotes".

Pourquoi Belaud-Argos? En hommage à deux célèbres compagnons à quatre pattes. Belaud est le regretté félin du poète Joachim Du Bellay, Argos n'est autre que le fidèle chien d'Ulysse dans l'Odyssée d'Homère, qui meurt après avoir reconnu son maître.

"L'évidente inégalité des races"

Ce collectif sera présidé par la députée européenne frontiste Sophie Montel, qui pose avec son chien sur sa photo de profil Twitter, invitant même ses followers à faire de même. Agée de 46 ans, elle fait partie des fidèles. Détentrice de la carte du FN dès sa majorité, elle travaille pour le parti une fois obtenu son DEA d'histoire. Elle grimpe ensuite les échelons, passant du bureau politique jusqu'à devenir secrétaire nationale aux élus. Mais avant de s'afficher aux côtés de Marine Le Pen, Sophie Montel a dans le passé fait allégeance à son père, désormais persona non grata.

En 1996, alors qu'elle était conseillère municipale de Besançon, elle avait ardemment défendu le président du FN d'alors, Jean-Marie Le Pen, qui argumentait sur "l'évidence de l'inégalité des races".

"Rien dans les propos de Jean-Marie Le Pen sur l'évidente inégalité des races ne tombe sous le coup de la loi", défendait-elle alors selon un procès-verbal publié par Le Lab d'Europe1.

"Le Front national n'est ni raciste, ni fasciste, ni antisémite. Il défend les droits prioritaires des Français chez eux. Nous sommes patriotes et nationalistes sans complexes ni états d'âmes", ajoutait-elle.

Croiser les sujets de prédilection du FN

Le collectif Belaud-Argos est aussi une manière pour le FN d'élargir son électorat et d'étendre son influence. "Il est intelligent de sortir un peu des thématiques rebattues, sur lesquelles le FN est déjà très identifié, comme l'immigration ou la sécurité. Il faut faire entendre une petite musique sur d'autres sujets, sous peine de rester un parti monothématique", explique à Marianne Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite.

La thématique peut même croiser les sujets de prédilection du Front national et s'avérer récupérable. "S'opposer à la souffrance animale, c'est aussi une manière de s'attaquer à l'abattage rituel", rappelle l'hebdomadaire, et viser, de cette manière, les juifs et les musulmans.

Céline Hussonnois Alaya