BFMTV

PMA pour toutes: Marine Le Pen se dit "opposée" au texte en l'état

Marine Le Pen le 7 avril 2016, à Paris. (Photo d'illustration)

Marine Le Pen le 7 avril 2016, à Paris. (Photo d'illustration) - Dominique Faget - AFP

Traditionnellement peu loquace sur les questions de mœurs, à l'inverse de sa nièce Marion Maréchal, la patronne du Rassemblement national a annoncé qu'elle n'irait pas manifester contre le projet de loi du gouvernement le 6 octobre.

Elle cherchait la bonne formule depuis plusieurs semaines. À l'occasion de sa rentrée politique ce samedi à Fréjus, Marine Le Pen s'est dite "opposée" au projet d'élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA) en l'état. La présidente du Rassemblement national laissera néanmoins la liberté de vote aux autres députés issus de son camp.

"Je suis opposée à la PMA telle qu'elle est présentée", a déclaré la patronne du parti d'extrême droite devant quelques journalistes. Le RN a déjà dit qu'il présenterait des amendements au texte, mesure phare du projet de loi sur la bioéthique, qui sera discuté à l'Assemblée nationale à compter du 24 septembre. 

"C'est à la société de trancher"

La députée du Pas-de-Calais n'ira pas pour autant manifester le 6 octobre contre ce projet, contrairement à sa nièce et ancienne députée FN (devenu RN) Marion Maréchal. 

"Je n'irai pas manifester, pas plus demain qu'hier. (...) C'est une question sensible et c'est à la société de la trancher", par référendum, a-t-elle suggéré.

"Je n'ai pas de considération morale" sur l'extension de la PMA à toutes les femmes, mais "un problème juridique" qui est "la disparition de l'existence de la réalité biologique", a-t-elle développé.

"Approche égalitariste"

"La société ment en disant 'tu es né de deux parents du même sexe' alors que biologiquement c'est impensable", a affirmé la cheffe du RN, qui déplore le fait qu'il "n'y ait pas, sur l'acte de naissance, mention d'un père et d'une mère".

En outre "l'approche égalitariste" du texte "va entraîner un questionnement sur la gestation pour autrui" (GPA), a ajouté Marine Le Pen, qui se dit opposée à la GPA.

Depuis que le projet de loi sur la bioéthique est examiné en commission au palais Bourbon, le gouvernement martèle qu'il n'est pas question d'autoriser la GPA, c'est-à-dire le recours aux mères porteuses, que ce soit pour les couples hétérosexuels ou les hommes homosexuels.

Jules Pecnard avec AFP