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Le bilan du FN au Parlement européen

Les eurodéputés FN les plus médiatiques, lors d'un session du Parlement européen à Strasbourg, en septembre 2014.

Les eurodéputés FN les plus médiatiques, lors d'un session du Parlement européen à Strasbourg, en septembre 2014. - Patrick Herzog - AFP

Lors des dernières élections européennes du 25 mai 2014, le FN est passé de 3 à 23 eurodéputés, devenant la première délégation française au Parlement européen. Bilan un an après: très peu actifs auparavant, ils ont désormais une véritable stratégie de visibilité et soignent leurs statistiques. Pour quel impact ?

Le 25 mai 2014, le Front national remportait une victoire historique aux élections européennes en recueillant 26% des voix. La formation d'extrême droite passait ainsi de de 3 à 23 eurodéputés dépassant ainsi les 19 eurodéputés UMP, 13 socialistes et 6 EELV. Un an plus tard, quel est le bilan du FN?

> L'échec de la formation d'un groupe pèse sur leur influence

"Nous n'avons aucune inquiétude sur l'existence future de notre groupe" au Parlement européen, déclarait une Marine Le Pen euphorique au lendemain des élections européennes. Mais après un mois de tractations, la présidente du FN échouait finalement à rassembler au moins 25 députés issus de 7 pays différents, comme l'exige le règlement du parlement. Le leader du parti britannique Ukip, Nigel Farage, avait ainsi refusé toute alliance considérant que l'antisémitisme était dans "l'ADN du Front national".

"Même s'ils sont présents, si on les voit davantage, s'ils ont une activité parlementaire, on s'aperçoit que tant qu'ils n'auront pas de groupe ce sera difficile pour eux de peser sur le débat", explique à BFMTV Charles de Marcilly, le responsable du bureau de Bruxelles de la Fondation Robert Schuman, auteur d'une étude sur "l'influence par la présence dans les institutions européennes".

En tant que non-inscrits ils ne peuvent prétendre à aucun poste à responsabilité, ce qui fait d'ailleurs que l'influence française en pâtit puisque que les eurodéputés français n’ont pas pu récupérer de présidence de groupe par exemple. Les eurodéputés frontistes sont également privés de rapports et d'avis.

> Bonnet d'âne de l'assiduité pour Jean-Marie Le Pen

En un an Marine Le Pen a pris deux fois plus la parole qu'en cinq ans. Globalement, les statistiques de l'assiduité du FN progressent même s'il détient un paradoxe. L'eurodéputée Dominique Bilde est ainsi la plus active en terme de participation ou d'intervention, selon les décomptes du site MEP ranking. Jean-Marie Le Pen est en revanche le dernier du classement français et 747ème sur 750 du classement complet.

Le taux de participation aux votes en plénière - ces séances ont lieu à Strasbourg quatre jours par mois - est lui passé de 73 à 91%. Mais l'essentiel de l'activité législative se déroule à Bruxelles où Florian Philippot s'illustre avec une présence très faible calculée par francetv info (12%) proche de Jean-Luc Mélenchon (17%).

> Des votes en bloc

Les élus FN suivent globalement une certaine discipline en matière de vote. Les députés européens frontistes ont ainsi tous voté contre un paragraphe du texte portant sur l'égalité hommes-femmes, mi-mars. 

Parmi eux, l'eurodéputé Aymeric Chauprade s'est distingué pour deux provocations, une à l'encontre de l'avortement, qualifié d'"arme de destruction massive" et l'autre visant le "poison LGBT" (Lesbiennes, gays, bisexuels, et transgenres).

> L'affaire des assistants

En passant à 23 eurodéputés, le FN a ainsi pu accéder à une manne financière qu'il pourrait avoir utilisé de manière abusive. Le parquet de Paris a en effet ordonné en mars une enquête préliminaire visant le Front national, pour abus de confiance.

Les services financiers du Parlement européen soupçonnent une vingtaine assistants de bénéficier de rémunérations versées par Bruxelles alors qu'ils ne mettent jamais les pieds à Bruxelles ou à Strasbourg. Ces assistants occupant pour certains des postes stratégiques dans l'organigramme du FN consacreraient en revanche tout leur temps à Nanterre, au siège du parti.

K. L.