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Un eurodéputé FN s'en prend à l'avortement et au "poison LGBT"

Aymeric Chauprade, le 21 janvier 2014

Aymeric Chauprade, le 21 janvier 2014 - Bertrand Gauy - AFP

Lors de discussions concernant deux rapports sur la parité et les droits de l'Homme, l'eurodéputé frontiste Aymeric Chauprade a dénoncé l'avortement et le "poison LGBT"

Mardi, les députés européens FN ont tous voté contre un paragraphe du texte portant sur l'égalité hommes-femmes, comme l'a repéré Metronews. Parmi eux, l'eurodéputé Aymeric Chauprade s'est distingué pour deux provocations, une à l'encontre de l'avortement, qualifié d'"arme de destruction massive" et l'autre visant le "poison LGBT" (Lesbiennes, gays, bisexuels, et transgenres).

Chaque année, les eurodéputés doivent voter un texte non contraignant portant sur les progrès accomplis en matière d'égalité hommes femmes au sein de l'Union. Le rapport 2015, préparé par un eurodéputé socialiste belge, comprend un paragraphe qui "insiste sur le fait que les femmes doivent avoir le contrôle de leur santé et de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l'avortement".

"Un éloge de la culture de mort"

Tous les députés européens étiquetés Front national français ont voté contre ce paragraphe. Parmi eux, le controversé Aymeric Chauprade a été lundi jusqu'à comparer l'avortement à une " véritable arme de destruction massive contre la démographie européenne".

"Ce rapport est un éloge de la culture de mort par le soutien explicite qu'il apporte à l'avortement", a déclaré l'eurodéputé devant ses pairs à Strasbourg.

S'adressant à l'auteur du texte, il a déclaré: "les femmes n'ont pas besoin de vous pour assurer leur avenir, car elles le portent dans leur ventre".

Les élus FN ont également rejeté d'autres paragraphes de ce texte, notamment l'article 5 qui "souligne qu'une participation égale des femmes et des hommes au marché du travail permettrait d'augmenter de manière substantielle le potentiel économique de l'Union européenne tout en garantissant son caractère équitable et inclusif". Même sort pour l'article 21 qui "invite la Commission et les États membres à étudier la possibilité d'inclure des clauses de parité hommes-femmes dans les appels d'offres pour des marchés publics". Ce dernier point a également été rejeté par des élu(e)s UMP comme l'a repéré Metronews qui cite Nadine Morano et Michèle Alliot-Marie. Le rapport a finalement été adopté par 441 voix contre 205 et 52 abstentions.

Le "poison LGBT"

C'est le même Aymeric Chauprade qui est l'auteur d'une sortie anti-gay remarquée par Têtu cette fois. Lors de la discussion qui a précédé, en début de semaine, le vote du rapport sur les droits de l'homme d'un eurodéputé italien, il s'en est vertement pris aux droits LGBT.

"La diffusion du poison LGBT, voilà l'objectif central du rapport", a déclaré Aymeric Chauprade.

Le même eurodéputé a développé: "pour que le poison instillé par l’extrême gauche puisse être digéré par le groupe PPE (droite, NDLR), il est dilué dans la dénonciation générale des attaques contre les droits de l’homme". Une élue espagnole a aussitôt réagi: "Il a fait référence aux personnes gays, lesbiennes, bisexuelles comme étant un venin. Je considère qu'il doit retirer cette affirmation", a dénoncé la socialiste Elena Valeniano.

A. D.