BFMTV

Désinvitée de l'université d'été du Medef, Marion Maréchal envoie une carte postale au patronat

Marion Maréchal devait participer à l'université d'été du Medef

Marion Maréchal devait participer à l'université d'été du Medef - ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Dans une tribune publiée sur le site Atlantico, l'ex-députée frontiste donne sa vision de l'économie française, pour laquelle elle prône une "troisième voie", à mi-chemin entre le "socialisme étatique" et le néolibéralisme.

De l'art d'exister en ayant été décommandée. Alors que s'achève l'université d'été du Medef, Marion Maréchal a envoyé une carte postale au patronat. Fin juin, le Medef l'avait conviée à son grand raout avant de rétropédaler le lendemain. Dans une tribune, publiée ce jeudi sur le site Atlantico, l'ex-députée Front national développe sa vision de l'économie française et, surtout, les remèdes qu'il faudrait lui administrer. 

Refusant d'être résumée à son étiquette "libérale", Marion Maréchal martèle néanmoins, tout au long de son texte, le besoin de la France d'avoir des comptes publics assainis et une moindre pression fiscale. 

"Si l’enjeu de la liberté est d’abord politique, cet enjeu est aussi celui de la liberté personnelle dans un pays champion du monde de la pression fiscale, dont les prélèvements totalisent plus de 45% du PIB français", écrit-elle. Et d'ajouter: "Le capitalisme ne peut pas fonctionner grâce aux seules forces du marché."

"L'État est nécessaire"

Marion Maréchal reprend ainsi, à première vue, une logique que ne renierait pas un Emmanuel Macron qui en juin dernier, devant l'Organisation international du travail, dénonçait un "capitalisme devenu fou", ce tout en ayant fait disparaître l'impôt de solidarité sur la fortune en début de mandat.

Cette idée de l'entre-deux, où "l’État est nécessaire pour protéger les marchés, punir les tricheurs, éviter les ingérences extérieures, protéger les secteurs stratégiques", la nièce de Marine Le Pen entend la faire sienne:

"Je suis convaincue qu’il existe une troisième voie entre un socialisme étatique qui n’a aucun scrupule à capter un maximum de ressources produites par le privé pour les redistribuer selon son idéologie, et un néolibéralisme qui croit par principe que la privatisation d’un service public le rendra nécessairement plus efficace, ou qui dénie à l’Etat tout rôle économique", estime la directrice de l'Issep. 

"Immigration extrêmement coûteuse"

Les fondamentaux du Rassemblement national, à savoir l'immigration et l'identité, sont évoqués en mode mineur. Tout juste Marion Maréchal écrit-elle que chefs d'entreprise et commerçants français "usent leurs forces à financer le puits sans fond d'un chômage structurel, d'une immigration délirante et extrêmement coûteuse qui vient profiter des largesses de notre système social".

Ces thèmes-là, il est vrai, sont traditionnellement peu porteurs au sein du Medef. En septembre 2015, le prédécesseur de Geoffroy Roux de Bézieux à la tête du patronat, Pierre Gattaz, avait signé une tribune dans les colonnes du Monde dans laquelle il écrivait que "l'accueil décent des migrants est un impératif moral" pour la France. Un propos non dénué d'arrières-pensées économiques, mais qui demeure aux antipodes du socle idéologique du RN ou, à tout le moins, de Marion Maréchal. 

Du gaullisme à "l'économie verte"

Évoquant tour à tour le redressement économique mis en œuvre par le général de Gaulle en 1958 - "il agissait en patriote soucieux de l’indépendance française" - et l'écologie comme source de création d'emplois, l'ancienne élue du Vaucluse veut ratisser large: 

"L’État peut poser des cadres, en concertation avec le reste de la communauté internationale; mais rien ne remplacera l’entrepreneur qui, sur le terrain, innove dans l’économie verte; ou le collectif d’individus qui créent un écosystème régénératif, selon une logique de circuits courts et de marché de proximité."

Comme une version "Issep" du localisme défendu à l'envi par Marine Le Pen et ses troupes durant la campagne des élections européennes. 

Jules Pecnard