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Collard: "Je serais ravi que Jean-Marie Le Pen ne soit plus président d'honneur du FN"

Gilbert Collard a réagi aux propos de Jean-Marie Le Pen dans "Rivarol", mercredi 8 avril sur BFMTV.

Gilbert Collard a réagi aux propos de Jean-Marie Le Pen dans "Rivarol", mercredi 8 avril sur BFMTV. - Boris Horvat ; Guillaume Souvant - AFP

Interrogé sur l'interview de Jean-Marie Le Pen dans Rivarol à paraître jeudi, Gilbert Collard, membre du Rassemblement Bleu Marine et proche de Marine Le Pen, ne cache pas sa colère. "Je trouve cet article insupportable, archaïque, démodé", a-t-il déclaré mercredi matin sur BFMTV, passablement énervé par cette nouvelle polémique qui éclabousse de nouveau le Front national, moins d'une semaine après la sortie de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz.

Gilbert Collard prend ses distances avec Jean-Marie Le Pen

Dans son interview à Rivarol, Jean-Marie Le Pen défend le maréchal Pétain. "Je n'ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître", estime Jean-Marie Le Pen avant d'ajouter: "L’on a été très sévère avec lui à la Libération. Et je n’ai jamais considéré comme de mauvais Français ou des gens infréquentables ceux qui ont conservé de l’estime pour le Maréchal."

Des déclarations insupportables pour Gilbert Collard.

"A moins d'avoir 99 ans, qui peut se dire pétainiste aujourd'hui? Jean-Marie Le Pen entre au musée Grévin avec cet article".

"On n'a plus rien à voir avec ce qu'il dit", poursuit le député du Gard. Et de souligner que "si les statuts du FN ne l'empêchaient pas de lui retirer ce titre, il y a longtemps que Marine Le Pen l'aurait fait (...) Moi, c'est clair, je serais ravi qu'il ne soit plus président d'honneur du Front national. Mais avec les statuts, on est coincés".

Marine Le Pen et les "provocations volontaires" de son père

Les déclarations polémiques que multiplie Jean-Marie Le Pen ces derniers jours embarrassent le Front national, à commencer par sa fille Marine, présidente du parti, qui doit régulièrement éteindre les incendies allumés par son père. La semaine dernière déjà, Marine Le Pen avait été contrainte de se désolidariser de nouveau de son père, qui avait affirmé sur BFMTV-RMC maintenir ses déclarations sur les chambres à gaz, un "détail de l'Histoire" selon lui. "On peut dire ce que l'on pense, mais le Front national a quand même une ligne, laquelle est portée par sa présidente. Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent que lui. Il est dans la provocation volontaire et cherche la polémique", avait alors réagi la présidente du Front national.

Et de confirmer le "profond désaccord stratégique" évoqué le matin même par Jean-Marie Le Pen sur BFMTV-RMC. "Il pense que la polémique est positive pour le mouvement. Evidemment, je suis profondément en désaccord avec cela. Je l'ai dit et redit maintes fois". Des désaccords de plus en plus fréquents.

A. K. et S. C.