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Ambiance de fin de parti à Europe écologie-Les Verts

Un drapeau d'EELV le 26 mars 2016 à Paris.

Un drapeau d'EELV le 26 mars 2016 à Paris. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Après sa déroute aux élections et à un mois de ses journées d'été à Dunkerque, le parti écologiste semble au point mort. Il n'a plus de députés, plus de groupe au Sénat et vient de se séparer des deux tiers de ses salariés. De l'aveu même de ses membres, son avenir semble compromis.

Europe écologie-Les Verts est-il en état de mort cérébrale? Deux mois après la présidentielle et à quelques semaines de ses journées d'été, prévues fin août à Dunkerque, le diagnostic est sans appel, pour le parti qui incarnait jusque là l'écologie politique: plus aucun député à l'Assemblée, plus de groupe au Sénat depuis le transfuge d'un de ses élus vers La République en marche, et plus que quatre salariés. Dans les colonnes du Parisien ce mardi, les membres du parti ne tentent même pas d'embellir le tableau, sept ans après la fusion entre Les Verts et le mouvement de Daniel Cohn-Bendit.

"Un recyclage?" interroge Julien Bayou, le porte parole d'EELV. "Il va falloir plus que ça. On doit repartir de zéro".
"Le logiciel écolo est bon, mais c'est l'application EELV qui a buggé. Il en faut une nouvelle", lâche-t-il.

Le conseiller régional d'Ile-de-France se félicite cependant que le parti ait atteint son but: "écologiser la gauche. Maintenant, la gauche repose sur des fondamentaux écologiques", estime-t-il. 

Jadot veut une "nouvelle maison commune"

D'après le quotidien, Yannick Jadot, ancien candidat à la présidentielle rallié à Benoît Hamon, aurait lui-même envisagé de quitter le navire pour suivre le socialiste et son Mouvement du 1er juillet. Mais il n'en a rien été.

"Ce rassemblement, c'était du Hamon 2022, ça n'avait rien de collectif", attaque-t-il, expliquant avoir eu l'impression de jouer les "faire-valoir". Pour lui, l'urgence est de créer une "nouvelle maison commune".

Quant à savoir quelle forme pourrait prendre cette nouvelle formation, il ne s'agira peut-être pas d'un parti politique traditionnel. "La forme parti s’est rabougrie, mais un mouvement politique qui se veut sincèrement démocratique, ce n’est pas un système avec un chef", déclarait-il à l'AFP la fin du mois de juin.

Au même moment, David Cormand, le secrétaire national d'EELV, expliquait que le parti avait devant lui "deux ans pour réfléchir", voulant y voir une "opportunité extraordinaire". "Cela va nous obliger à réinventer une offre politique", ajoutait-il, avec en ligne de mire les élections européennes de 2019. 

Licenciements au siège

Deux ans, à moins que le parti ne disparaisse avant cette date. Comme le rapportait L'Obs jeudi, cinq salariés du siège ont publié un communiqué pour dénoncer la procédure de licenciement économique dont ils font l'objet. Ils dénoncent une annonce "brutale", sans "concertation ni information préalable". Le parti a réduit ses effectifs des deux tiers depuis le début de l'année, après cinq départs volontaires. Au total, sur 14 emplois, 10 ont été supprimés, relèvent ces cadres qui ont plus de 20 ans d'ancienneté. 

Dans une note envoyée aux cadres du parti, 12 membres du bureau exécutif sur 15 justifient cette situation par la volonté d'éviter "la cessation de paiement".

"Alors que le budget 2017-2019 était construit sur une hypothèse de 850.000 voix au 1er tour des législatives et 3 députés élus, EELV n’a obtenu que 770.000 voix et zéro député", écrivent-ils. 

"Le financement public va passer de 2,8 millions d’euros en 2017 à 1,1 million d’euros à partir de 2018 et pendant cinq ans", ajoute la note, qui précise que la vente du siège parisien et les économies faites sur le budget du fonctionnement du bureau exécutif ne "suffisent pas à assurer l'avenir" du parti.

Charlie Vandekerkhove avec AFP