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"Entité désincarnée", politique "ultra-verticale": la fronde des maires contre la Métropole de Lyon

Dans une tribune publiée dans le JDD ce dimanche, les élus dénoncent une confiscation du pouvoir par la majorité écologiste. Ils critiquent aussi des mesures jugées incohérentes.

"Monstre technocratique hors sol", "colosse aux pieds d’argile". Dans une tribune publiée ce dimanche dans le JDD, 44 maires lyonnais (sur 59 communes) dénoncent le fonctionnement trop vertical de la métropole, "entité désincarnée sans lien avec les territoires qui la composent", comme ils l'écrivent dans ce texte intitulé "Arrêtons la casse".

Les élus (maires, conseiller métropolitains et municipaux) pointent du doigt deux éléments problématiques selon eux: d'une part le fonctionnement trop centralisé de la métropole de Lyon, créée en 2015, et d'autre part la politique du président écologiste Bruno Bernard (EELV), jugée incohérente et dogmatique. "Il y a une volonté d'imposer sans discuter", expliquait lundi matin Philippe Cochet, maire LR de Caluire, sur BFM Lyon.

Les élus de la métropole ne se sentent pas écoutés et dénoncent "la confiscation des pouvoirs aux maires". La métropole ne serait qu'un "monstre technocratique" déconnecté de la vie locale: "à vouloir déposséder les élus municipaux de tout moyen d’action, alors même que ce sont les seuls qui sont au contact avec les habitants au quotidien, c’est la démocratie de proximité que l’on atteint", écrivent-ils.

La politique des écologistes jugée antisociale

Au cœur des critiques, le président écologiste Bruno Bernard, élu en 2020. Les maires du département s'interrogent sur ce "président fossoyeur de la métropole de Lyon", accusé de "dédain pour les maires" et de mener une politique "ultra-verticale, ultra-centralisée et ultra-segmentée à mille lieues des élus municipaux et des citoyens."

Les élus citent plusieurs exemples de décisions prises, selon eux, contre l'intérêt et le souhait des Lyonnais: zone à faibles émissions "qui risque de devenir une zone à forte exclusion", mise en place d'une régie de l'eau "avec un vrai risque d'augmentation des tarifs pour les usagers", ou encore abandon des projets de nouveaux métros "pour imposer la construction de téléphériques refusés par les territoires concernés".

Début août, le groupe d'élus de l'opposition au sein de la Métropole, Synergies, avait déjà lancé la fronde contre les écologistes. À l'époque, leur président Bruno Bernard avait réagi dans les colonnes du Monde: "Dix maires en colère sur cinquante-neuf, je relativise. S’ils sont respectueux de la démocratie, il faut qu’ils acceptent le résultat des urnes". Ils sont aujourd'hui 44.

Le ton se veut aussi plus menaçant. Les élus concluent leur tribune en menaçant la majorité de "blocage de l'institution" et de "démantèlement progressif de la Métropole de Lyon" si les relations avec les maires ne s'améliorent pas et que le modèle de gouvernance n'évolue pas.

Encadrement des loyers, ZFE,...

Créée en 2015 par la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (dite loi MAPTAM), la nouvelle métropole de Lyon est une collectivité territoriale à part entière où les conseillers municipaux ne sont plus automatiquement propulsés dans l'hémicycle, mais élus au suffrage universel direct.

La métropole est notamment chargée des questions d'aménagement du territoire, de développement économique, de l'éducation, de la culture, des loisir ou encore des solidarités. Elle est notamment à l'origine de l'encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne ou encore de la création d'une zone à faible émission.

Louis Chahuneau