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Emmanuelli: "Je vois Hollande mais... je ne m'en vante pas"

Le député PS des Landes Henri Emmanuelli

Le député PS des Landes Henri Emmanuelli - BFMTV

Henri Emmanuelli, député PS des Landes et figure de l'aile gauche de la majorité, était l'invité de BFMTV et de RMC jeudi matin.

François Hollande, Manuel Valls, "frondeurs", présidentielle de 2017... Henri Emmanuelli, député PS des Landes et figure de l'aile gauche de la majorité, était l'invité de BFMTV et de RMC jeudi matin. Ce qu'il faut retenir de son entretien avec Jean-Jacques Bourdin.

#L'aveu: "Je vois Hollande mais... je ne m'en vante pas"

Henri Emmanuelli connaît bien François Hollande. "Je le vois de temps en temps mais je ne m'en vante pas" dans les médias, explique-t-il sur BFMTV. "Nous ne sommes pas en désaccord sur les objectifs que sont la baisse du chômage ou la hausse de la croissance. Je n'ai pas de doute sur ses intentions, en revanche je ne suis pas toujours d'accord sur les moyens choisis pour y parvenir, ni sur la stratégie".

Dans le viseur du député des Landes, il y a notamment le Crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE). "Au lieu de donner de l'argent aux entreprises en attente de contreparties, je suis favorable à une baisse des charges allant de pair avec des investissements réalisés en France. (...) Je regrette qu'une approche politique, celle de plaire aux entreprises, ait été choisie".

Pour autant, "même si on me classe toujours dans la catégorie de ceux qui n'aiment pas les entreprises, j'aime celles qui investissent, se développent et embauchent", conclut-il, expliquant que François Hollande écoute" mais ne lui dit pas "s'il a raison".

#La mise au point: "Je ne veux pas descendre ce gouvernement"

Figure des "frondeurs" socialistes de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli "n'aime pas du tout le terme" mais rappelle que "la stratégie pour avoir un candidat PS en 2017, c'est de rassembler la gauche, pas de faire une politique qui la divise. Pour le député des Landes, "les réformes à gauche" sont synonymes de "plus ou de mieux. Il faut être progressiste."

Or, il est "en désaccord avec le Premier ministre sur la stratégie du 'moins ou pire'. (...) Je ne veux pas polémiquer mais je ne comprends pas non plus le retour de ce rêve de la troisième force, allant du centre gauche au centre droit, qui n'a jamais fonctionné. (...) J'aurai quelques difficultés si Manuel Valls m'explique qu'il faut s'allier à François Bayrou. Partout, des municipales aux régionales en passant par les cantonales, Bayrou est allié de l'UMP" , pointe-t-il en référence à des propos de Manuel Valls qui avait jugé que ne pas s'être allié avec le président du Modem en 2012 avait été "une erreur".

"Et Manuel Valls qui le propose depuis longtemps a fait 5% (à la primaire PS de 2011) avec cette idée. Cette stratégie n'est ni celle de la gauche, ni celle du PS", ajoute le député. Néanmoins, "je ne cherche pas l'échec d'un gouvernement de gauche. Je ne veux pas descendre ce gouvernement", insiste Henri Emmanuelli, justifiant ainsi le choix de s'abstenir et non de voter contre certains textes présentés à l'Assemblée nationale par le gouvernement. "La dissolution, c'est le petit jeu des commentateurs et de certains politiques. Elle n'aura pas lieu".

#La prophétie: Hollande candidat en 2017

Quant à savoir si le chef de l'Etat se représentera en 2017, Henri Emmanuelli interroge: "qui d'autre? Même si j'en vois qui s'y voient (...) Le Premier ministre a pour objectif 'être candidat à cette élection (présidentielle) un jour".

S.A.