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REVUE DE PRESSE - Hollande "a le dos au mur"

Libération reprend le slogan de Ségolène Royal en Une.

Libération reprend le slogan de Ségolène Royal en Une. - -

Revue de presse des éditoriaux... qui ne se montrent pas tendre avec le président Hollande avant la deuxième conférence de presse de son mandat.

C’est dans un contexte économique extrêmement sombre que François Hollande va tenir ce jeudi sa deuxième grande conférence de presse (à suivre en direct sur le site BFMTV.com). Avant le grand rendez-vous, la majorité des éditorialistes se montrent sévères avec un président qui refuse de changer de cap.

"La Berezina"

Libération reprend le slogan de Ségolène Royal en Une.
Libération reprend le slogan de Ségolène Royal en Une. © -

Alors que le quotidien de gauche Libération ironise ce jeudi en reprenant en Une le slogan de Ségolène Royal "Désir d’avenir", Le Figaro tacle franchement un chef de l’Etat "dos au mur". Pour le quotidien de droite, François Hollande fait preuve d’un" immobilisme" qui "tétanise une France où la confiance s'est volatilisée". "Sur tous les fronts, c'est la Berezina", assène Gaëtan de Capèle.

A l’autre bout du spectre politique, L’Humanité ne se montre guère plus optimiste. Pour Maurice Ulrich, "il ne faut pas attendre de la part du président aujourd'hui l'annonce d'un changement de cap (…) mais sans doute un nouvel exercice de pédagogie (...) pour expliquer que ’sérieux budgétaire’ et croissance iraient de pair, voire que moins plus moins font plus"."C'est faux", tranche-t-il.

C’est aussi à un changement de cap qu’aspire Jean-Marc Vittori, éditorialiste du quotidien économique Les Echos, qui se moque, "il va tout de même devoir changer de braquet pour éviter d'accomplir un quinquennat Flanby". Moins incisif, Guillaume Goubert conseille dans La Croix de "revaloriser l'économie réelle et, singulièrement, celle qui crée des emplois".

Tableau noir

La Une de la Nouvelle République le 16 mai 2013.
La Une de la Nouvelle République le 16 mai 2013. © -

La presse régionale n’est pas plus tendre un an après l’élection du président socialiste. "La France s'enfonce dans la crise", constate Patrice Chabanet du Journal de la Haute-Marne, qui déplore: "François Hollande ne pouvait pas choisir pire moment pour sa grand-messe médiatique". Une date mal choisie aussi aux yeux d'Hervé Favre dans La Voix du Nord, qui renchérit: "pour sa deuxième conférence de presse (...), François Hollande ne pouvait imaginer un tableau plus noir". D'autant que "pour le premier anniversaire de son élection, François Hollande a reçu de bien mauvaises nouvelles" rappelle Bruno Dive dans Sud Ouest. Avant d'énumérer, "la France est en récession, le pouvoir d'achat a reculé l'an dernier, l'investissement reste en panne et la consommation défaille à son tour (...) ’La situation est grave’, a reconnu le président... A lui de nous convaincre qu'elle n'est pas désespérée."

Une once d’espoir partagée du bout de la plume par Raymond Couraud dans L’Alsace qui analyse: "la marge de manœuvre présidentielle se réduit comme une peau de chagrin, et les rares leviers que l'Élysée peut encore actionner risquent d'avoir des conséquences douloureuses pour les Français".

"Président récessif"

La Une de Sud Ouest jeudi 16 mai 2013.
La Une de Sud Ouest jeudi 16 mai 2013. © -

De l'espoir? Il n'y en a pas beaucoup non plus dans les colonnes des Dernières Nouvelles d'Alsace où Jacques Fortier ironise,"le discours élyséen, c'est son essence même, doit donner à espérer. Rude tâche. ‘Très bien, le mariage pour tous ! À quand l'emploi pour tous ?’, dit-on dans les coursives". Et Denis Daumin de conclure dans La Nouvelle République: "Nous avions eu cinq ans durant un président excessif, nous voici à l'heure, très légèrement déprimante, du président récessif."

Quant à la presse étrangère, elle ne se montre pas plus enthousiaste. Le président doit faire face à une "tâche herculéenne" pour le Telegraph, alors qu'il "n’ose pas toucher les privilèges français" selon Daniela Kahls, correspondante à Paris pour la radio allemande ARD, interrogée par Europe1.


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A.D. avec AFP