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Macron, VRP de "l'attractivité de la France"

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - ANDREAS SOLARO / AFP

Interview à la BBC, déplacement à Onnaing dans le nord, réception de 140 patrons au château de Versailles ce lundi, le tout avant le sommet de Davos mercredi, Emmanuel Macron vante actuellement sur tous les tons l'attractivité du pays pour donner envie aux investisseurs.

Le groupe allemand SAP va investir deux milliards d'euros en France sur cinq ans, Facebook compte former 65.000 personnes au numérique d'ici à la fin de l'année et mettre dix millions d'euros pour plancher sur l'intelligence artificielle. Google va, quant à lui, lancer un centre de recherche fondamentale consacré à l'intelligence artificielle. Mais c'est une autre annonce qui a capté l'attention des observateurs du monde économique et politique ce lundi. Toyota a déclaré son intention d'injecter 300 millions d'euros dans son usine d'Onnaing dans le nord et d'y créer 800 postes dont 700 CDI. Pour l'occasion, Emmanuel Macron s'est déplacé ce lundi dans l'entreprise. 

Un maître-mot: "attractivité"

Dans une vidéo mise en ligne dans le cadre de ce voyage, Emmanuel Macron a mis en exergue la qualité du travail des salariés comme l'un des moteurs de la décision du concessionnaire japonais. mais pas seulement: "C'est aussi le fruit d'un volontarisme français". "Il est possible d'investir et de produire en France", a-t-il aussi noté à Onnaing. 

Car l'attractivité du pays est à l'évidence son maître-mot ces jours-ci. Après avoir salué les employés d'Onnaing, il a d'ailleurs pris la route de Versailles pour y retrouver, dès la fin de journée, 140 patrons de groupes étrangers sous les lambris du château le plus célèbre du monde, réunis là pour le sommet "Choose France" ("Choisissez la France"). Seize membres du gouvernement dont Edouard Philippe l'y ont accompagné, signe du caractère prioritaire du dossier et de ce rendez-vous, situé immédiatement avant le Forum économique mondial de Davos.

Macron, "spécialiste de l'événementiel"

Face à eux, les dirigeants des figures de proue de la mondialisation: Coca-Cola, Facebook , Google, Goldman Sachs, UPS, Alibaba, Bosch, SAP, Ikea, Barilla, Siemens, Volvo ou Rolls-Royce. De gros projets d'investissements dans l'Hexagone doivent y être annoncés. Après une série de tête-à-tête avec quelques-uns de ces patrons, Emmanuel Macron devait dîner avec eux dans la Galerie des Batailles, la plus grande du palais. Et le choix du théâtre a toute son importance dans la partition qu'espère jouer le président de la République: "C’est un formidable spécialiste de l’événement. Il avait déjà fait ça pour le One Planet Summit où il y avait déjà énormément de gens. Là, 140 PDG, ça a déjà été fait par Nicolas Sarkozy et François Hollande mais il y en avait 20, 30 ou 40 qui se déplaçaient et pas forcément les numéros 1. Là, ce sont les numéros 1 qui sont là et ils ont le carnet de chèques", a estimé ce lundi soir sur notre antenne, notre éditorialiste politique Laurent Neumann. 

L'optimisme économique d'Emmanuel Macron peut se nourrir de quelques statiques. Selon un baromètre réalisé par la Chambre de commerce américaine en France et le cabinet de conseil américain Bain & Company, cité ici par La Croix, 72% des investisseurs américains attendent désormais ce qui serait à leurs yeux une embellie du climat en France contre 30% en 2016. 

Macron, ambassadeur de la France auprès de la BBC

Lors d'un entretien diffusé ce week-end par la BBC, Emmanuel Macron est d'ailleurs revenu sur l'importance pour lui de se faire l'ambassadeur de l'attractivité du pays alors que le Brexit rebat les cartes du jeu financier en Europe: "Evidemment, évidemment, que nous voulons attirer un maximum d’activités. Pourquoi ? Parce que le Brexit a un grand impact pour un grand nombre d’acteurs et beaucoup vont décider de rester des parties intégrantes de l’Union européenne et de la zone euro. Ils pourront choisir entre différents pays donc il y aura une sorte de compétition." Il s'est alors félicité que l'Autorité bancaire européenne ait déjà choisi de se relocaliser à Paris il y a quelques mois, au moment de se choisir un autre port d'attache après Londres. A l'époque, déjà, il avait voulu y voir la "reconnaissance de l’attractivité et de l’engagement européen de la France". 

Attendu à Davos 

Mercredi, Emmanuel Macron se rendra au Forum économique mondial dans son traditionnel décor de Davos, en Suisse. L'occasion sans doute pour lui d'appuyer encore davantage son message. 

Le chef du service politique de BFMTV, Thierry Arnaud, a apporté cependant ce lundi soir sur notre plateau une nuance. Les initiatives d'Emmanuel Macron pour faire éventuellement saliver les grandes sociétés ne sont que la prolongement par d'autres moyens d'une politique traditionnellement suivie par ses prédécesseurs:

"Il fait à sa manière ce que tous les présidents français ont fait avant lui: il cherche à attirer les investissements étrangers. Il sait que la méthode, plus moderne, séduira les uns, sera critiquée par les autres car ils y verront Jupiter recevant à Versailles, l’ancien banquier d’affaires qui parlent à des PDG qui hier étaient ses clients et aujourd’hui sont devenus des partenaires potentiels."

Robin Verner