BFMTV

En Polynésie, Hollande face à la question du nucléaire

Le monument dédié aux victimes du nucléaire (illustration)

Le monument dédié aux victimes du nucléaire (illustration) - Gregory Boissy - AFP

Le président de la République devra sûrement affronter la pluie et répondre aux mécontentements lors de sa visite à Tahiti, prévue ce dimanche.

François Hollande sera accueilli ce dimanche à Tahiti, en Polynésie française. Il devrait être confronté à des revendications locales, en particulier sur la question du nucléaire... ainsi qu'au risque d'intempéries.

Les associations anti-nucléaires comptent "mener une action, mais qui n'est pas encore définie" à l'arrivée du président de la République.

"Si on le rencontre, on lui parlera principalement de la loi Morin, et puis du plutonium à Hao, qui nous inquiète beaucoup", a déclaré Roland Oldham, président de l'association Moruroa e Tatou, qui regroupe des vétérans du Centre d'expérimentations du Pacifique.

Ils souhaitent une révision de la loi Morin: cette loi permet théoriquement d'indemniser les vétérans touchés par un cancer lié aux essais. Sauf que dans les faits, la plupart des dossiers sont rejetés. Quant à Hao, il s'agit d'un atoll qui a servi de base militaire pendant les essais. Le gouvernement local abordera sans doute la question de la "dette nucléaire", surnom d'une rente annuelle accordée par l'Etat à la fin des essais en 1996. Cette dotation a baissé à plusieurs reprises, et les élus polynésiens souhaitent qu'elle soit pérennisée.

Une politique locale des plus complexes...

François Hollande va aussi devoir composer avec la complexité de la politique locale. L'autonomiste Edouard Fritch, le président polynésien, est en froid avec son mentor et prédécesseur Gaston Flosse et va créer son propre parti politique... la veille de l'arrivée du chef de l'Etat. Un parti qui pourrait s'allier aux Républicains, tendance Juppé.

Le troisième homme fort de la politique locale, l'indépendantiste Oscar Temaru, est allié au PS depuis 2004. Il connaît déjà François Hollande, et doit le rencontrer en privé lundi soir, même si leurs relations se sont rafraîchies depuis les déclarations du président contre l'indépendance. Oscar Temaru a lui-même annoncé qu'il serait candidat à l'élection présidentielle en 2017.

... et la pluie

Dernier élément qui pourrait affecter la visite présidentielle: la pluie. François Hollande a pris le risque de s'y rendre au plus fort de la saison humide: de très fortes précipitations s'abattent sur la Polynésie depuis le début de la semaine. Des inondations se sont même produites à Tahiti ces derniers jours. L'Elysée assure que la pluie, même tropicale, ne changera pas le programme. Quant au risque de cyclone, il est réel en cette saison, selon Météo-France, mais la trajectoire des cyclones peut être anticipée plusieurs jours à l'avance.

Avec la Polynésie française juste après Wallis-et-Futuna, François Hollande aura donc visité les onze terres d'outre-mer habitées que compte la République au cours de son quinquennat. C'est la première visite à Tahiti d'un président depuis Jacques Chirac, il restera sur place moins de 24 heures avant de s'envoler pour le Pérou, l'Argentine et l'Uruguay.

la rédaction avec AFP