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Macron exprime sa "honte" pour les dirigeants libanais et leur met la pression après leur "trahison"

Le président de la République a réagi ce dimanche soir depuis l'Élysée après l'échec de la classe politique libanaise à former un nouveau gouvernement, prolongeant la crise dans laquelle s'enfonce le pays.

Emmanuel Macron a déclaré ce dimanche avoir "pris acte de la trahison collective" de la classe politique libanaise, après son échec à former un gouvernement contrairement à l'engagement qu'elle avait pris devant lui début septembre.

Les partis libanais "portent l'entière responsabilité" de cet échec, et "elle sera lourde", a ajouté Emmanuel Macron au cours d'une conférence de presse à Paris. Les dirigeants du pays du Cèdre disposent d'une "dernière chance" pour que soient respectés ces engagements, afin de constituer un "gouvernement de mission et obtenir de l'aide internationale", a-t-il poursuivi.

"La feuille de route du 1er septembre demeure (...), elle est la seule initiative prise sur le plan national, régional et international (...), elle n'est pas retirée de la table (...) mais il appartient maintenant aux responsables libanais de saisir cette dernière chance eux-mêmes", a encore déclaré le chef de l'État.

Le Premier ministre Moustapha Adib a jeté l'éponge

Les partis politiques s'étaient engagés auprès d'Emmanuel Macron, venu à Beyrouth début septembre, à former un cabinet de ministres "compétents" et "indépendants" dans un délai de deux semaines.

"J'ai honte" pour les dirigeants libanais, a tancé le locataire de l'Élysée, dénonçant un "système de corruption où tout le monde se tient parce que tout le monde a touché", ajoutant qu'"aujourd'hui, quelques dizaines de personnes sont en train de faire tomber un pays".

Mais samedi, le Premier ministre désigné Moustapha Adib, chargé le 31 août de le former, a jeté l'éponge, mettant en avant l'inexistence d'un consensus entre les partis en dépit de l'urgence de mener les réformes réclamées par la communauté internationale pour débloquer des milliards de dollars d'aide.

Ce renoncement semble marquer l'échec de l'initiative lancée après la tragique explosion du 4 août au port de Beyrouth par le président français.
Emmanuel Macron s'en est pris au parti chiite Hezbollah, qui selon lui "ne doit pas se croire plus fort qu'il ne l'est". Le Hezbollah "ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban. C'est à lui de démontrer qu'il respecte les Libanais dans leur ensemble. Il a, ces derniers jours, clairement montré le contraire".

F.R. avec AFP